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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 23:09

Antoine Eugène Cromarias

 

Ingénieur de l'école des Mines de Paris

 

1857-1932

 

 eugenecromarias18ans.jpg

 

Eugène Cromarias à 18 ans.

 

--o--

 

Essai de  Biographie

 

Par son petit-neveu Jacques Pageix 

 

 

Avant-propos

 

Eugène (mon arrière grand oncle), était l'oncle de ma grand mère Jeanne Eugénie Cromarias, épouse de Pierre Pageix (mon grand père).

On consultera in fine la généalogie simplifiée qui le situe au sein de notre famille (annexe 23).

N'ayant pas connu "l'oncle Eugène", comme l'appelait ma grand mère, j'ai donc entrepris sa biographie en me contentant des quelques documents et des rares photos de famille que j'ai pu identifier.

J'avais malheureusement négligé d'interroger mes parents lorsqu'ils étaient encore vivants, afin d'enregistrer leurs souvenirs; aussi, ce récit est surtout le fruit des recherches que j'ai entreprises longtemps après la disparition des derniers témoins de ce passé.

Du coup, il manquera probablement de ce souffle si particulier qui anime l'évocation de souvenirs réellement vécus par le narrateur. De plus, on peut regretter le peu d'homogénéité des chapitres: le lecteur passe de tranches de vie détaillées, à d'autres trop étriquées, voire même éludées.

Et je laisse de côté la frustration que l'auteur partagera peut-être avec le lecteur, face aux nombreuses zones d'ombre qu'il n'aura pu éclairer... 

 

Ses origines

 

Sa région:

 

Antoine Eugène Cromarias est originaire de Gouttières, village du canton de Saint-Gervais  d'Auvergne, en Combraille.

Il appartient à une très ancienne famille, celle de ma grand mère, implantée depuis le moyen âge dans cette région.

La Combraille est un pays d'élevage très vallonné, profondément entaillé d'Est en Ouest par les gorges de la Sioule, que le chemin de fer franchit depuis 1905 grâce au viaduc des Fades.

Dans son sous-sol, un sillon houiller la traverse en écharpe, de St-Éloi-les-Mines à Herment (1). Notons que dès la fin du XVIIIe siècle, plusieurs ancêtres Cromarias s'associèrent pour obtenir des concessions minières. (voir photo-4)

 

Sa famille:

 

Les Cromarias étaient présents dans cette région de l'Auvergne depuis au moins le XVe siècle. La souche de cette famille tirait son nom du village éponyme de Cromaria, près de Marcillat-en-Combraille. Certains érudits ont traduit ce toponyme par « Creux de Marie ».

Au cours des siècles, de nombreux rameaux se fixèrent ensuite ici ou là aux confins de l'Auvergne et du Bourbonnais. Depuis le milieu du XVe siècle, parmi les membres de cette famille, essentiellement agriculteurs, on trouve de nombreux prêtres : l'un d'eux, curé d'Ayat, baptisa le Général des Aix de Veygoux (Desaix). Son neveu, François, l' ami d'enfance du Général, fut « enlevé à ses études de médecine » par la conscription de 1798 et enrôlé dans l'Armée du Rhin. Présent sur de nombreux champs de batailles de l'épopée napoléonienne, au sein du 25e régiment de dragons, il devint chirurgien-major de la Grande Armée et passa sa thèse de médecine à Strasbourg en 1815 ; il la consacra aux fièvres intermittentes dont il avait observé de nombreux cas au cours de la guerre d'Espagne. Sous la Restauration, en 1825, il revint en Espagne avec l'expédition du Duc d'Angoulême qui rétablit le roi Ferdinand VII sur son trône.... Rendu enfin à la vie civile, il s'installa place Dauphine à Paris où il exerça la médecine jusqu'à son décès (voir sa biographie).

Certains Cromarias firent carrière dans la magistrature à Riom; certains se lancèrent dans l'exploitation minière et sollicitèrent des concessions. D'autres enfin se risquèrent dans l'industrie des pralines, des pâtes de fruits, des confitures et de la bière, et eurent des succursales jusqu'à Paris !...(2)

 

Les parents d'Eugène résidaient au domaine du Fraisse, commune de Gouttières ; son père, Jean-Baptiste François Cromarias, né le 14 septembre 1816, était propriétaire de cinq autres domaines agricoles. Sa mère était Françoise Thomas. Le beau-père de Jean-Baptiste, Marien Thomas-Deroffeix, né sous le règne de Louis XVI, figure sur une vieille photographie en costume local, avec son chapeau à larges bords (voir sa photo -2).

1-La naissance et la jeunesse d'Eugène

 

Antoine Eugène Cromarias, qu'on appelait couramment Eugène, naît le 12 septembre 1857 à Gouttières, commune du canton de Saint-Gervais, en Combraille (département du Puy-de-Dôme). (voir acte -1).

 

Son père, Jean-Baptiste, meurt le 14 avril 1859 à Gouttières, âgé seulement de 43 ans. Eugène est donc orphelin avant d’avoir atteint l’âge de 2 ans et n’a donc pas connu son père. Ce dernier avait trois fils: Gilbert, Marien Antoine (dit Antoine) et Antoine Eugène (dit Eugène).

 

Eugène n’a pas connu non plus son frère aîné, Gilbert, né en 1847 et mort à 8 ans en 1855.

 

L'autre frère d’Eugène, Marien Antoine Cromarias, mon arrière-grand-père, naît le 30 août 1849 à Gouttières et meurt lui aussi très jeune, au même âge que son père, 43 ans. Le décès a lieu le 10 janvier 1893 à Aubière, leur résidence d'hiver près de Clermont-Fd (3). Eugène, qui a alors 36 ans, doit donc surmonter un autre deuil familial…

 

Ajoutons encore le décès précoce de son neveu, le petit Eugène, qui disparaît le 3 septembre 1879 alors qu’il n’a pas atteint quatre mois. C’était l’un des trois enfants de mon arrière-grand-père Marien Antoine et de son épouse Marguerite Villevaud; l'enfant était venu entre l’aînée, Françoise Marie Irène, et Jeanne Eugénie, ma grand-mère.

 

Affrontant avec courage tous ces deuils, leurs épouses au caractère manifestement bien trempé leur survivront longtemps; elles assureront vaille que vaille la préservation du patrimoine et l’éducation des enfants.

 

Ainsi, Françoise Thomas, veuve de Jean-Baptiste, survivra longtemps à son époux et à leur propre fils.

 

Ce sera aussi le cas de la veuve de Marien Antoine, Marguerite Villevaud : elle décédera à Aubière le 30 novembre 1944, âgée de 88 ans.

2-Ses brillantes études

 

Certainement marqué par ces événements douloureux, le jeune Eugène Cromarias n’en accomplira pas moins de brillantes études secondaires (dont je n’ai malheureusement pu retrouver la trace) ; elle l'amenèrent au niveau des concours des Grandes Écoles . Très jeune, il manifesta un goût prononcé pour les matières scientifiques et notamment les industries minières. (Photo Eugène vers 18 ans - 3)

 

Est-ce le fait de vivre au sein d’une région, certes essentiellement vouée à l’agriculture et à l’élevage, mais également traversée par d’importants filons miniers, dont l’exploitation est d’ailleurs très ancienne? On peut citer le bassin houiller de Saint-Éloy-les-Mines, celui de Commentry, et le gisement de plomb argentifère de Pontgibaud…

 

De plus, peut-être se souvient-il que Gilbert Cromarias, son grand-père (notre aïeul), s’était associé en 1838 à plusieurs autres membres de sa famille (Jean-François Cromarias, avoué au tribunal de Riom et conseiller général, Blaise et Gilbert Cromarias de Laveix) pour solliciter du Préfet du Puy-de-Dôme une autorisation de concession, afin d’exploiter un gisement de houille dans la région de Gouttières en Combraille, et un peu plus tard une concession d’exploitation de plomb argentifère à Auzat-sur-Allier dans le Lembron…(Photo plan concession -4)

 

Ayant passé avec succès le concours d’admission au cours préparatoire intégré (il s’était classé 8eex- æquo: voir le tableau de ses notes-5), il est reçu à l’ École Nationale des Mines de Paris (cycle de préparation intégré) le 20 août 1877.

 

élèveingdesmines

 

 

Élève Ingénieur de l'École des Mines-Grande tenue.

 

Peu après, la situation d' Eugène au regard du service militaire se simplifie : relevant de la classe de 1877 (numéro d'ordre 977, et numéro de tirage au sort : 53 ), et alors qu'il est « engagé conditionnel d'un an à la mairie de Clermont le 25 octobre 1877 pour le 2e Régiment du Génie », son statut d'étudiant lui permet d'obtenir un sursis d'un an accordé à compter du 18 octobre par « Monsieur le général commandant la subdivision de Riom-Clermont ».

Pour être complet sur l'aspect militaire, précisons qu'il passe dans la disponibilité de l'armée de terre le 8 novembre 1879, noté « Bien », avec le grade de Caporal le 9 novembre 1879 et de Sergent le 16 mai. Il passera dans la réserve de l'armée active le 27 octobre 1882 et accomplira une période d'exercices dans le 4e Régiment du Génie à Grenoble (caserne Dode) du 25 août au 21 septembre 1883, avant son départ évoqué plus loin, le 29 février 1884, pour Aïn Mokra (Région de Constantine).

Avant son départ pour l'Algérie, il demeurait à Paris, 59 rue du Cardinal Lemoine, puis 3 rue des Poitevins.

D'autres périodes d'exercices suivront : une deuxième du 1er au 28 mars 1886, également au 4e Régiment du Génie et une troisième du 27 avril au 11 mai 1889 au 13e Bataillon territorial du génie (également à Grenoble). Enfin, il sera libéré définitivement du service militaire le 25 octobre 1902 (4).

 

grenoble-02.jpg

 

Durant sa scolarité, il loge au 46 rue Gay-Lussac non loin de l’école qui se situe au 60, Boulevard Saint-Michel, tout près du jardin du Luxembourg (Photo domicile-6). Au cours de plusieurs visites au sein de cet établissement prestigieux, j’ai eu le plaisir d’y retrouver son dossier.

 

A l’issue de ses trois années de préparation, il est reçu sur concours, le 23 août 1880, comme élève externe. Sur la photo, communiquée par l’école, figure sa promotion ainsi que des professeurs ; les élèves portent l’uniforme avec une casquette ornée de l’emblème de l’Ecole (deux masses entrecroisées). (Photo emblème de l’école-7).

Il y a là plusieurs polytechniciens ayant été admis sur titre à l’école des Mines et de futurs savants comme M. Termier, (caricature photographiée à l'Institut) membre de l’Académie des Sciences, M.M. Nicklès, Pélissot et Luuyt.

La compétition est donc très rude, mais il en sort très honorablement : il est classé 10èmeet le brevet d'Ingénieur des Mines lui est décerné le 6 juin 1883. Au total, ces six années d'études et de stages durent être vraisemblablement assez longues et difficiles pour lui. (Photos Ecole des Mines-8)

3-Ses stages en France et à l’étranger

 

Au cours des trois années de formation au métier d’ingénieur, les élèves accomplissaient plusieurs voyages, qui duraient plus d’un mois, et qui pouvaient les conduire sur des sites industriels aussi bien en France qu’à l’étranger (Allemagne, Pologne, Espagne, etc.). Au retour, ils devaient fournir un compte rendu de voyage qui était noté.

 

Ainsi, Eugène réalise en deuxième année (1881) un voyage dans le Gard et l’Aveyron.

Dans le Gard, il visite près d’Alès les sites houillers de Bessèges (près de La Voulte, Gard) et de Rochebelle, ainsi que l’usine de Tamaris.

Dans l’Aveyron, il se rend à la mine de Decazeville (mine à ciel ouvert de "La Découverte" à Lavaysse) et à l’usine à zinc de Viviers (5).

En 1882, en troisième année, son journal s’intitule « journal de voyage dans le centre et le midi de la France », il se rend alors aux houillères de Commentry, non loin de sa Combraille natale, puis il pousse jusqu’à Bessèges, comme l’année précédente, aux forges de l’usine. Il fait ensuite un séjour en Espagne, à Bilbao, aux mines de fer de Somorrostro (6), et à l’usine de Baracaldo. Enfin, à son retour en France, passant à nouveau par son berceau familial, il séjourne aux mines de plomb argentifère de Pontgibaud. (voir photo lingot plomb argentifère - 9)

 

Si l’on en juge par la note excellente obtenue en dictée lors de son entrée à l’école, on peut présumer qu’Eugène maniait la langue française avec une certaine aisance. Ceci est confirmé par la lecture de ses rapports de voyage que j’ai pu consulter à l’École des Mines : le style est limpide et le contenu dénote une solide culture générale.

 

Voici la transcription, comme exemple, du début de la deuxième partie de son rapport consacré à son séjour en Espagne :

(Photo rapport et carte Bilbao-10)

 

« Cette deuxième partie comprend un rapport sur la région ferrifère de Bilbao (Espagne) comme exploitation de mines.

 

« J’ai subdivisé en 6 chapitres comme suit :

 

-1° Situation des mines au point de vue de la vente des minerais.

-2° Géologie de la région.

-3° Concessions diverses.

-4° Transports dont l’importance est très considérable à Bilbao car l’exploitation est très facile et les mines sont en montagne assez éloignées des points d’embarquement.

-5° Installations extérieures comprenant les embarcadères.

-6° Ouvriers et généralité sur l’avenir de la mine.

« La partie métallurgique comprend l’usine de fer de Baracaldo à El Desierto, près des mines de Sommorostro dont elle tire ses matières premières et l’usine à plomb de Pontgibaud.

 

« Mines de fer de Bilbao (Espagne).

 

1-Situation des mines.

« L’exploitation des mines de fer de Bilbao remonte à la plus haute antiquité. Pline parle déjà de ces minerais. Germond de Lavigne (7) dans son itinéraire du Portugal et de l’Espagne s’exprime ainsi : - La mine de Sommorostro est d’une merveilleuse puissance. Elle semble inépuisable, et tout le monde l’exploite au hasard, à sa fantaisie, creusant des puits comme bon lui semble, ouvrant des galeries dans toutes les directions. Ce mode d’exploitation barbare a des inconvénients graves, surtout pour l’avenir de ce magnifique gisement et il en résulte souvent des accidents déplorables.

« Il serait facile de faire ressortir les graves inconvénients de cette exploitation faite au hasard pendant de longues années. On trouve maintenant, dans l’exploitation régulière de ces gîtes, à chaque pas des galeries souvent de petites dimensions qui s’élargissent subitement et donnent lieu à des éboulements parfois très graves. Il est fort heureux que la situation exceptionnelle de ce gîte sur le haut des montagnes n’ait pas permis à l’eau ou au mauvais air de s’entasser dans les vieux travaux d’où il est toujours difficile, quand il y en a, de les chasser.

« Nous verrons plus tard les causes de cette exploitation irrégulière d’une partie du gîte en plein massif ferrifère en parlant des différentes sortes de minerais qui ont été plus ou moins appréciés à certains moments par suites des modifications des traitements métallurgiques.

« Élisée Reclus (8) dans sa géographie universelle consacre aux mines de Bilbao le passage suivant qui en démontre l’importance: "Des montagnes entières sont tellement remplies de lits ferrugineux, que des compagnies minières les achètent en bloc, non dans l'espoir de les exploiter en entier, mais afin de priver de l'excellent minerai  les compagnies rivales. Le champ minier sinon le plus vaste du moins le plus connu et le plus activement exploité de ces contrées est celui de Sommorostro, à l'ouest de la rade de Bilbao. Ce gîte d'une superficie de plus de 20 kilomètres carrés est composé de masses ferrugineuses intercalées dans une couche de sable micacé; elles sont très faciles à fondre et donnent un métal d'une malléabilité exceptionnelle.

"Quand l'exploitation n'est pas arrêtée par la guerre civile, le pays tout entier est d'une couleur de rouille, les champs, les chemins, les maisons et jusqu'à la peau des gens. La poussière du minerai a tout recouvert d'une teinte rougeâtre uniforme, sur laquelle tranche le vert éclatant des maïs et des grands châtaigniers ».

Eugène poursuit en critiquant ce passage qui ne correspond pas, selon lui, à la réalité:

"Tout ceci n'est pas exact et au point de vue de l'achat des mines, il ne saurait se faire par la compagnie car presque tout le bassin est concédé depuis de longues années déjà. Les concessions en Espagne s'obtiennent avec la plus grande facilité et on a qu'à payer une faible redevance annuelle. Aussi les compagnies qui exploitent n'ont-elles à faire qu'avec le concessionnaire qui leur transmet son droit moyennant une somme fixe par tonne...etc"

 

La fin de ce rapport est consacrée aux mines de Pontgibaud :

 

« Pontgibaud.

 

1-Situation : la compagnie de Pontgibaud possède la concession de mines de galène argentifère de la région en même temps que l’usine, que je vais décrire seule en laissant la mine de côté, où l’on traite les minerais de plomb. Cette usine est bâtie sur la rive droite de la Sioule tout près de la ville de Pontgibaud. « Cette usine fut commencée en 1789, abandonnée jusqu’en 1828 époque où elle commença à fonctionner.

« On a utilisé sa situation au bord d’une rivière assez importante pour ne jamais manquer d’eau, pour se procurer la force motrice nécessaire à l’usine au moyen d’un barrage de la rivière.

« La chute d’environ 4 mètres et des roues font marcher la soufflerie, les ventilateurs, etc.

« Cette circonstance était d’autant plus précieuse jadis que l’usine est éloignée de tout centre industriel et ne se procurait la houille et autres matières premières nécessaires qu’à grand frais de transport dans un pays de montagnes et sans chemin de fer.

« Depuis deux ans, le chemin de fer de Clermont à Tulle passe à Pontgibaud et a remédié à cet état de choses.

Ce chemin de fer passe à Bourg-Lastic d’où vient une partie de la houille employée. L’autre partie venait de St Eloi et grâce à un second chemin de fer projeté de St Éloi au col de Vauriat (près de Pontgibaud), il mettra Pontgibaud en communication rapide avec le bassin houiller du bourbonnais dans peu de temps, du moins on l’espère.

« Au point de vue de l’aménagement de l’usine en voici un petit plan qui fera voir rapidement ce dont elle se compose: »

(Photo et plan mine de Pontgibaud et dessins-11)

Biographie Eugène Cromarias Ingénieur des Mines
Biographie Eugène Cromarias Ingénieur des Mines

 

Photo de l'usine de Pontgibaud en 1895

(il ne subsiste aujourd'hui que la cheminée).

 

et

 

PLAN DE L'USINE DE PONTGIBAUD

(je l'ai établi à partir d'un dessin d' Eugène Cromarias fait en 1882

(Archives de l'École des Mines de Paris)

 

Légende:

 

-ACMP = Ateliers de Construction et Magasin à Plomb

-ch = cheminée de l'usine

-fdg = fours de grillage minerais broyés

-b = bascule

-tg = tas de grillage

-Hang = hangar au niveau des gueulards où se font les lits de fusion

-charb. = charbon

-fer,sc = ferrailles, scories de forge, etc.

-m. à eau = machine à eau 2 roues

-rés.d'eau alim. par barrage = reservoir d'eau alimenté par barrage

-conc; = concierge

-Admin. = administration

 

--o--

 

 

Dans un livre intitulé « Autour des Puys », d'Édouard D-Labesse et H. Pierret (Paris, lib. Ducrocq), qui est la relation de voyage de touristes éclairés dans le Massif Central à la fin du XIXe siècle, on relève ce paragraphe consacré aux mines de Pontgibaud et notamment celles de Parnal où l'on exploite le plomb argentifère : « Les filons de galène argentifère traversent des schistes extrêmement anciens : outre le plomb sulfuré, ils renferment de la cérusite et de la barytine. Munis de l'autorisation de M. Boutmy, directeur des fonderies, nous passons une heure à visiter l'usine, puis nous pénétrons dans les mines où nous avons soin de prendre des échantillons. Les machines d'extraction et celles d'épuisement attirent tour à tour notre attention, ainsi que le système d'aérage d'autant plus énergique qu'il faut chasser une prodigieuse quantité d'acide carbonique qui s'accumule dans les galeries... »

 

En parcourant le dossier scolaire d'Eugène, on note la qualité des dessins, ce qui ne surprend pas car le programme incluait des cours de dessin industriel et de géométrie descriptive. (Photo dessin-12).

On note aussi qu’Eugène avait opté pour l’allemand comme langue étrangère.

(voir les 2 cartes de la Combraille au début du XXème siècle : communications, filons miniers-13)

Les documents qui le concernent m’ont été communiqués par l’Ecole des Mines de Paris où j’ai été accueilli en 2006 par M. Robert Mahl, professeur, et par Mme Marie-Noelle Maisonneuve, responsable du fonds ancien à la Bibliothèque de l’Ecole. Il m’ont précisé que dans le cas des ingénieurs civils qui partaient dans le privé à la sortie de l’Ecole, celle-ci ne disposait d’aucun suivi de leur carrière et l’on ne pouvait retrouver que leur dossier de scolarité. Dans les différents actes d’état civil retrouvés, il est qualifié d’Ingénieur civil. Effectivement, on ne trouve trace d’Eugène Cromarias que dans les annuaires des anciens élèves conservés par l’Ecole ou il est qualifié de membre fondateur de l’association des anciens élèves. Dans ces conditions, il n'est pas aisé de reconstituer sa carrière d'ingénieur.

Le dossier d'Eugène (matricule 746) est archivé à l'École des Mines de paris, sous la cote CR 1881 (305) pour ce qui concerne le compte rendu de voyage dans le Gard et l'Aveyron et JV 1882-1883 (690) pour le journal relatant le stage d'observation à Commentry, Bessèges et Bilbao.

 

Après sa sortie de l'École des Mines, et de 1883 à 1885, on le trouve en Algérie, où il exerce ses fonctions d'Ingénieur aux mines de fer de Moktar el Hadid, près du port de Bône (actuelle Annaba). Sa résidence est alors à Aïn Mokra.

 

 

Carte Michelin Aïn-Mokra

4-Son mariage

 

De 1886 à 1907, il demeure à Saint Gervais d’Auvergne, Puy de Dôme. En fait, il vit avec sa mère, Françoise Thomas, au domaine familial du Fraisse, commune de Gouttières. Au cours de cette période, le 7 novembre 1892, il épouse, à 35 ans, Anaïs Eugénie Labourier, de Pontgibaud âgée de 26 ans. Le mariage est célébré à Pontgibaud. Rappelons qu’il avait fait dix ans plus tôt, un séjour aux fonderies en 1882 alors qu’il était à l’Ecole des Mines. C’est peut-être au cours de ce court séjour qu’il avait fait la connaissance de son épouse ? 

 

14son épouseAnaïsEugénielLabourier

 

Anaïs Eugénie Labourier.

Admirez la finesse de sa taille...

 

L’acte de l’Etat-Civil de la Mairie de Pontgibaud indique l’identité des mariés et des témoins :

 

Antoine Eugène Cromarias, Ingénieur civil, domicilié avec sa mère à Gouttières, né le 12 septembre 1857 à Gouttières, fils majeur de feu François Jean Baptiste Cromarias, décédé le 14 août 1859 à Gouttières, et de Françoise Thomas;

Anaïs Eugénie Labourier, née le 15 novembre 1866 à Pontgibaud, fille de François Labourier et de Anne Gilberte Coulon, négociants ;

Les témoins sont:
1. Louis Labourier, 57 ans, négociant à Clermont-Ferrand, oncle de la future ;
2. Michel Coulon, 69 ans, sans profession, de Clermont-Ferrand, oncle de la future;
3. Pierre Emmanuel Maugue, 54 ans, receveur de l’enregistrement à St Gervais ;
4. Gabriel Constantin, 35 ans, agrégé de l'université de Clermont-Ferrand (il s'agit probablement d'un ancien condisciple d'Eugène).

L’acte de naissance d’Eugénie précise que son père, François Labourier, exercait à Pontgibaud la profession de boulanger. (Voir acte de mariage - 15)

5-Son aventure minière au Maghreb

 

Dès le 7 décembre 1889, puis en 1890, Antoine-Eugène CROMARIAS, propriétaire, ingénieur civil, domicilié au Fraisse, commune de Gouttières, canton de Saint-Gervais d'Auvergne, sollicite la concession d'une mine d'antimoine, mercure et métaux connexes sise à Djebel-Taya, commune de l'oued-Cherf, département de Constantine. Le préfet de Constantine, Mengarduque, prit un arrêté "publié dans les communes de l'Oued-Cherf, à Guelma, Jemmapes, Philippeville et Constantine, devant la porte des maisons communes et des églises, à la diligence des maires, à l'issue de l'office, un jour de dimanche, et à la porte des mosquées, en langue arabe, un jour de vendredi au moins une fois par mois pendant la durée des affiches"... (voir annexe 25)

Quelques années plus tard, le journal "La Gazette Algérienne" du 8 mars 1899 se faisait encore l'écho de cette concession faite à Eugène Cromarias (voir annexe 26).

Elle informait ses lecteurs que par décret du Président de la République du 12 juin 1891, les gîtes du Taya (département de Constantine) ont été concédés à M. E. Crosmarias (sic), Ingénieur civil, demeurant à St-Gervais-d’Auvergne, département du Puy-de-Dôme. A titre d’indemnité, précise le journal, M. Cromarias a payé à la société Cassar, Médeville et Xiberras, la somme de dix mille francs pour « l’invention de la partie des gîtes concédés, que leurs travaux avaient fait connaître », disposition stipulée à l’article 5 du décret de concession. La mine « d’antimoine, mercure et autres métaux connexes » est située à 1200 mètres d’altitude, sur une ligne Bône - Kroubs, à 124 km de Bône, et à huit km au NE de la gare du Taya. Un sentier muletier conduit de la gare à la mine !...

 

Une dizaine d’excavations ont été ouvertes sur les versants nord et ouest du Djebel-Taya, et l’exploitation peut commencer en 1895, le creusement de galeries étant alors projeté. Le transport du minerai se fait à dos de mulet de la mine à la gare du Taya où il est acheminé vers le port de Bône. Le journal indique toutefois que « l’avilissement des cours des métaux a été cause de la faible extension donnée, ces temps derniers , aux travaux de la mine du Taya » et que « les exploitants actuels comptent sur le prochain relèvement des cours pour organiser leurs chantiers et doubler leur production, actuellement de 25 à 30 tonnes par mois »… Ceci me rappelle les propos de ma grand-mère Jeanne Eugénie Cromarias qui évoquait les mauvaises fortunes de son oncle à propos de ses investissements dans les mines d’Algérie…

6-Ses enfants et sa descendance

 

Le couple eut deux enfants: 

 

1-Germaine Cromarias, (Germaine, Marie, Eugénie) naît à Chamalières le 19 novembre 1893 (acte en annexe 16), épouse Charles Bureau le 21 avril 1917 à Ronchamp (Hte-Saône) et décède le 1er mars 1953 (annexe 18).

L'acte de mariage (voir annexe 17) indique que Charles Auguste Bureau, domicilié à Ronchamp, est né à Bruay, Pas-de-Calais, le 26 septembre 1891, et qu'il est "étudiant actuellement sous-lieutenant au 140e Régiment d'Infanterie". Son père est Achille Marie Joseph Bureau, Ingénieur, domicilié à Ronchamp, et sa mère, Augustine Claudine Adeline Hardorff, est décédée. Étaient présents Élie Minier, ingénieur civile des mines, domicilié à Paris, cousin de l'époux, André Hardorff, propriétaire à Pulligny-Montrachet (Côte d'Or), oncle de l'époux, Jeanne Chirin, cousine de l'épouse, domiciliée à Paris, Léon Poussigue, directeur de la Société des Houillières de Ronchamp, chevalier de la Légion d'Honneur, domicilié à Champagney (10).

L'évocation de ces Hardorff, propriétaires à Puligny-Montrachet, ne manque pas de nous mettre le vin à la bouche...

Ces Hardorff, viticulteurs, étaient installés à Puligny-Montrachet (Côte-d'Or). On les touve cités dans les recensements pour cette localité de 1911 à 1931. En 1911, un Hermann Hardorff, né à Hambourg en 1829, naturalisé français, était installé à Puligny avec son épouse Adeline, née en 1838 à Saint-Étienne...

La jeunesse de Charles se passa dans le Gard, alors que son père était affecté comme ingénieur des mines aux charbonnières de Saint-Martin de Valgalgues, canton d'Alès Est. C'est ce que m'a révélé sa fiche matricule militaire consultée sur le site internet des archives départementales.  

On le devine bien ici: le fait qu'Eugène et son entourage familial aient vécu dans le monde de l'industrie minière a probablement déterminé les fréquentations et les affinités qui on pu naître. En effet, le père de Charles, Achille Bureau, lui-même Ingénieur des Mines, était alors Sous-Directeur des Houillères de Ronchamp, et l'adjoint de Mr Léon Poussigue, Directeur. Ceci explique sans doute que Germaine, fille d'un Ingénieur des Mines, ait rencontré et épousé le fils d'un autre ingénieur. Charles était lui-même élève ingénieur de l'école supérieure d'électricité de Grenoble et avait pu obtenir à ce titre un sursis jusqu'à sa mobilisation le 12 août 1914. Comme il est qualifié par la suite d'ingénieur, je pense qu'il termina ses études et n'obtint son diplôme qu' après la fin de la guerre, en 1919. 

La vie de ce couple constitue une véritable saga. Charles, qui commença la guerre avec le simple grade de caporal, passa très vite sous-lieutenant, à l'issue d'un stage d'élève aspirant officier à Joinville. Il termina la guerre avec le grade de lieutenant, décoré de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre pour ses actions d'éclat. On peut dire qu'il avait la baraka: il fut quatre fois blessé à la même jambe, au cours d'attaques brillamment menées, qui lui valurent de belles citations (cf en annexe). Il mena plusieurs reconnaissances derrière les lignes ennemies, et rapporta chaque fois de précieux renseignements sur les points occupés par les allemands et sur leurs défenses! Rendu à la vie civile, ses qualités lui permirent d'obtenir un poste d'Ingénieur adjoint au sein de la SALEC à Metz (Société Alsacienne et Lorraine d'Électricité), au Département Forces Électriques, et ceci au moins jusqu'en 1928.

Comme l'écrivait en 1927 le Commandant Lhéritier, chargé à Metz d'établir un rapport sur la situation d'invalidité du Lieutenant Bureau, "Le Lieutenant Bureau est diplômé ingénieur électricien de l'école de Grenoble: depuis la guerre, il a toujours été spécialisé dans cette branche et il est actuellement ingénieur dans une grande entreprise électrique de la région" (11).

Le Commandant Lhéritier observait, afin probablement de souligner que le sujet examiné ne cherchait pas à tirer parti de son infirmité pour améliorer sa situation, que "les états de service du lieutenant de réserve Bureau (citations, décorations, blessures) montrent suffisamment que cet officier a fait largement son devoir pendant la guerre et a été animé du meilleur esprit etc..."

Charles Bureau dût finalement quitter cet emploi en 1937 pour être affecté au C.M.I. 66 à Metz (Centre Mobilisateur de l'Infanterie).  

J'ai découvert au hasard de mes recherches sur internet que Germaine exerçait en 1929 le métier de Tailleur Plisseur à Metz, dans un local situé 19 rue des Clercs, loué à un certain Nosal...Ceci au moins jusqu'au décès de son père, Eugène, survenu en 1932, avec qui elle était manifestement associée dans cette affaire...(Voir annexe 28).

La fiche matricule évoquée plus haut comporte les adresses successives du couple:

8 mai 1925: 2 rue Bergnier, Nancy;

16 mai 1927: 33 rue de Pont à Mousson, Montigny les Metz;

5 janvier 1932: 1 rue Pasteur, Metz;

22 février 1936: 5 rue Sébastien Leclerc:

8 avril 1936: 1 rue Pasteur:

9 avril 1938: Saint-Gervais d'Auvergne. 

Germaine décéda encore jeune, à l'âge de 59 ans, en 1953. La mention marginale de son acte de naissance, consulté en ligne aux Archives départementales du Puy-de-Dôme, n'était pas très lisible pour moi, et, de plus, le document présenté est tronqué. Je lisais Mazaye (localité près de Pontgibaud). La mairie de cette localité, contactée par écrit, ne retrouvait pas cet acte. Et pour cause, la mairie de Chamalières, à qui j'ai aussitôt téléphoné, m'a aimablement communiqué ce qui manquait: "Décédée le 1er mars 1953 a Mazagan, Casablanca, Maroc"!  

Le mystère s'épaississait donc pour le pauvre biographe que je suis...

Mazagan est l'ancien nom de l'actuelle El Jadida, cité balnéaire et port sur l'Atlantique, proche de Casablanca. Peu avant le décès de Germaine, des émeutes éclatèrent à Casablanca du 6 au 9 décembre 1952, faisant environ 40 morts; émeutes annonciatrices de l'indépendance du Maroc, reconnue en mars 1956 par la France, marquant ainsi la fin du protectorat. J'ai reçu des services de l'état-civil du ministère des Affaires Étrangères une copie de l'acte de décès de Germaine, survenu à Mazagan.

Germaine, sans profession, est décédée à 59 ans le 1er mars 1953, rue Louis Pasteur à Mazagan. L'acte a été dressé le 3 mars sur la déclaration de Charles Bureau, "Chevalier de la Légion d'Honneur, décoré de la Croix de Guerre, âgé de soixante deux ans, maraîcher, domicilié Ferme Santa Maria, kilomètre quatre, route de Mazagan, époux de la défunte".

Ainsi, le mari de Germaine exerçait ses talents d'ingénieur dans la profession de maraîcher au Maroc. Le couple résidait vraisemblablement au Maroc depuis la défaite de 1940.

En effet, Charles avait été rappelé le 4 septembre 1939 pour être affecté au 132e Régiment de réserve. L'appréciation portée en 1939 sur cet officier était élogieuse: "Officier intelligent et instruit. S'est occupé avec zèle de ses fonctions de Chef de section. A assisté avec beaucoup de bonne volonté le commandant du point sensible des Ancizes". Il s'agissait de l'aciérie Aubert et Duval, qu'il était chargé de surveiller, étant noté que ce site est proche de Saint-Gervais d'Auvergne. (On y traitait à la veille de la guerre la surface des cylindres des avions de l'Armée de l'Air selon un procédé de nitruration afin d'en accroître la dureté). À l'époque, le couple devait probablement habiter à Saint-Gervais d'Auvergne. 

Il fut démobilisé et "renvoyé dans ses foyers" le 25 juillet 1940. C'est donc peut-être à ce moment-là qu'il se replia au Maroc, comme le fit mon père avec son groupe de chasse (voir biographie de Paul Pageix).  Je pense à une éventuelle rencontre avec mes parents qui résidèrent à Rabat de 1940 à 1944, et qu'on voit photographiés avec un couple non identifié, installés au milieu d'une palmeraie... À noter que Germaine n'est pas décédée à son domicile, à la ferme Santa Maria, mais en ville, à Mazagan, rue Pasteur, où se trouvait l'hôpital de Mazagan, probablement des suites d'une maladie?

 

Mazagan, la cité fortifiée édifiée par les portugais au début du XVIe siècle.

Mazagan, la cité fortifiée édifiée par les portugais au début du XVIe siècle.

Mazagan, "route de Casablanca".

Mazagan, "route de Casablanca".

 

Enfin, l'acte de naissance de Charles Bureau, consulté en ligne aux Archives départementales du Pas-de-Calais, m'a réservé aussi une surprise: Charles Bureau, décédé à Paris (9e) le 21 mars 1962, s'était remarié peu avant, le 15 décembre 1960, à Saint-Germain-en-Laye, avec une certaine Claudine Boulot...

Son acte de décès, obtenu auprès de la Mairie du 9e arrondissement, a été dressé le 22 mars sur la déclaration de Jean Herpe, employé, 106 rue Blomet: Charles, Chevalier de la légion d'Honneur, sans profession, est alors domicilié à Saint-Germain en Laye, 3 bis rue Saint-Léger; il est décédé le 21, au N° 34 de la rue de Clichy. Veuf en premières noces de Germaine Cromarias, époux en secondes noces de Claudine Boulot. L'acte de ce second mariage obtenu auprès de la mairie de Saint-Germain-en-Laye, nous révèle que Charles Bureau, à son retour du Maroc, demeura à Saint-Gervais d'Auvergne, puis s'établit à Saint-Germain-en-Laye chez Claudine Boulot sa deuxième épouse. Celle-ci, née le 7 février 1893, à Grury, Saône-et-Loire, retraitée, était la fille de Joseph Boulot et de marie Milleret, époux décédés, divorcée de Roger Couanne...À noter que deux témoins sont des Couanne: un chauffeur-livreur à Saint-Germain-en-Laye et un militaire à Asnières...

 .......

 

Charles et Germaine Bureau eurent-ils des enfants?

 

La réponse m'a été fournie par l'avis de décès d'Eugénie Labourier publié par le journal "l'Est Républicain" du 19 janvier 1936, aimablement communiqué par la Bibliothèque de Nancy, j'ai pu retrouver la trace de leurs enfants: Georges et Claude, cités comme étant les petits-enfants d'Eugénie dans ce faire-part de décès (voir plus loin).

Les services de la Mairie de Nancy, interrogé via internet, m'ont adressé la copie de l'acte de naissance de Claude, Marie, Antoine Bureau: celui-ci, le cadet des deux enfants, est bien né le 23 juin 1925 à Nancy alors que le couple y était installé depuis peu (le 8 mai précédent) Il suivit manifestement ses parents au Maroc lorsqu'ils s'installèrent à Mazagan comme maraîcher, puisqu'il se maria à 22 ans à Ksar-el-Souk le 3 février 1947 avec ... Bent Mohamed (prénom) Fatma (nom), 16 ans, née à Tarzout (au sud-est de Fez), dans la tribu des Beni-Yazrha! Après une vie passée au Maroc, Claude mourut le 28 juin 2001 à Haouzia! D'après son acte de décès, il était en effet domicilié Douar Laghnadra et l'acte cite son épouse Fatma Bent Mohamed, ce qui laisse supposer qu'elle était encore vivante. De plus, il est fait mention d'un Jean-Marie Bureau venu déposer des pièces nécessaires auprès du Consul Général de France. Encore un témoin du passé disparu, qui aurait pu m'éclairer! (12)

Haouzia est située à une dizaine de kilomètres au nord-est de Mazagan (actuelle El Jadida où demeuraient les Bureau), sur le littoral (plage, camping, café, etc); Ksar-es-Souk (actuelle Er Rachidiya ou Errachidia, ville royale) est située près de la frontière algérienne. En 1947, Claude Bureau avait 22 ans, et accomplissait peut-être ses obligations militaires qui l'amenèrent ainsi à tenir garnison en plein cœur du pays marocain?

Avant son installation à Nancy en 1925, le couple demeurait assurément chez les parents de Charles, Achille et Augustine Bureau, à Ronchamp (Haute-Saône). J'ai donc demandé aux services de l'état civil de cette commune de rechercher l'acte de naissance de Georges, l'aîné des enfants, et voici leur réponse: 

Georges, Marie, Charles, l'aîné des deux frères, est bien né à Ronchamp, le 8 avril 1918, alors que son père, Charles, sous-lieutenant au 140e Régiment d'Infanterie, était encore au front. Reste à savoir si ces deux enfants ont eu une descendance...Dans l'affirmative, il seraient aujourd'hui âgés de plus de 70 ans et l'existence de petits enfants n'est donc pas à exclure!

Les mentions marginales indiquent que Georges s'est marié le 23 novembre 1940 à Chamalières avec Simone Suzanne Aline Colas et qu'il est décédé à Saint-Cloud (Hauts de Seine) le 7 juillet 1994. Sur son acte de mariage, qui m'a été transmis par la mairie de Chamalières figure la signature de mon grand père Pierre Pageix qui fut témoin à leur mariage. Georges (22 ans) est qualifié de "médecin auxiliaire", et Simone, (22 ans elle aussi), dont les parents sont commerçants à Paris, est étudiante en pharmacie. L'acte de décès m'a été fourni par la mairie de Saint-Cloud. Enfin, dans le catalogue des thèses de médecine, consulté sur internet, figure bien Georges Bureau, dont la thèse soutenue en 1939 porte sur un sujet pour le moins curieux: "Les facteurs d'opposition à la stérilisation légale des anormaux", thèse de 32 pages parue à Parie, chez Busson. 

 

La légende de ces deux photos indique "Géo à 4 mois et demi"; il s'agit probablement de Germaine Cromarias-Bureau tenant dans ses bras Georges Bureau, né le 8 avril 1918 (un an après le mariage de ses parents). Photo prise en août 1918. Germaine aurait 25 ans sur la photo. Noter que Georges, futur médecin, est déguisé en infirmier de la croix rouge... 

 

2-Antoine Cromarias (Antoine Jean Alexis), naît à St-Gervais le 3 mars 1899 (acte en annexe 19). Clerc de notaire en 1931. .

Sa fiche matricule (N° 1901, classe 1919) indique son signalement: "cheveux châtains, yeux bleus clair, front large, nez rectiligne, visage ovale, degré d'instruction 4" (donc élevé). Elle précise que sa famille est domiciliée à Chamalières, 37 avenue de Royat. Sa profession est alors "employé aux usines Bergougnan" (fabrique de pneus). Cette indication est surchargée en rouge par la mention "Clerc de notaire".

Il est incorporé, à la fin de la Grande Guerre, le 16 avril 1918, comme soldat de 2ème classe au 172e Régiment d'Infanterie, et renvoyé dans ses foyers le 21 mars 1921.  Entre-temps, il fait campagne "contre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie" jusqu'au 23 octobre 1919, et réside en "occupation des pays Rhénans du 24 octobre 1919 au 1er mars 192. Un certificat de bonne conduite lui est accordé.

Rappelé le 4 mai 1921, il passe au 154e RI le 9 mai, puis au 105ème le 1er juillet suivant. Il est renvoyé dans ses foyers le 2 juillet et passe ensuite au 92ème RI, le 1er janvier 1924. Nommé caporal le 21 février 1926, il est affecté au C.M. d'Infanterie N° 132 le 1er mai 1929.

Il est décédé à Saint-Gervais d'Auvergne le 10 octobre 1931 à son domicile. L'acte indique qu'il est sans profession, que son père est retraité, et que ses parents sont domiciliés à Saint-Gervais d'Auvergne. La déclaration du décès fut faite par Michel Maison, pharmacien, voisin du défunt. Antoine n'avait que 32 ans. Il était célibataire (voir acte en annexe 20).

 

Germaine-Antoine

 

Germaine et Antoine vers 1905

Biographie Eugène Cromarias Ingénieur des Mines

De gauche à droite: Guy Teilhol, son frère aîné Paul, Germaine Cromarias qui tient dans ses bras ma tante Marguerite Pageix, sœur aînée de mon père Paul Pageix, lors de son baptême en juillet 1906, et son jeune frère Antoine. Photo prise devant l'écurie à la Place d'Armes, Beaumont (coll.pers.)

Descendance d'Eugène Cromarias:

 

Jean-Baptiste François Cromarias (1816-1859) x Françoise Thomas             

_______ I__________________________________________________________

I                                                                                                                 I

Antoine Eugène (dit Eugène) Cromarias   Marien Antoine Cromarias

Ingénieur des mines de Paris (1849-1875)            mon AGP d'où:

o Gouttières le 12.11.1857                                Irène x Alexis Teilhol

+ à Metz le 06.04.1932                     Jeanne x Pierre Pageix (mon GP)

x à Pontgibaud Anaïs Eugénie Labourier

le 07.11.1892 (+ à Chamalières 17.01.1936)

______I___________________________________

I                                                                                  I

Germaine, Marie Eugénie Cromarias   Antoine Jean Alexis Cromarias

o Chamalières 19.11.1893,                                           1899-1931

x Ronchamp (Hte-Saône) 21.04.1917       Célibataire, Clerc de notaire

Charles Auguste Bureau 1891-1962

Ingénieur Électricien (Grenoble)

o Bruay 26.09.1891

+ Paris 21.03.1962. 

______I______________________________________________

I                                                                                            I

Georges, Marie, Charles Bureau        Claude, Marie, Antoine Bureau

o Ronchamp (Hte-Saône) 08.04.1918           o Nancy 23.06.1925

x Chamalières 23.11.1940                              x Maroc 03.02.1947

Simone Suzanne Aline Colas                       Fatma bent Mohamed

+Saint-Cloud 07.07.1994                               + Maroc 28.01.2001

Médecin                          

I                                                                                            I

?                                                                                           ?

                                      Jean-Marie Bureau?

                                      o entre 1941 et 1950 (67 à 77 ans)?

                                              

---o---

 

 

Eugène eut probablement une influence sur ses petits neveux Paul Teilhol et Paul Pageix (mon père) qui firent tous deux, avec plus ou moins de succès, des études scientifiques. Il ne fut probablement pas étranger à la vocation de mon père pour la mécanique, qui le conduira à faire carrière dans l'aviation militaire comme Officier mécanicien du groupe de chasse 1/5 « Champagne », puis dans l'aviation commerciale comme Ingénieur à la Direction du Matériel d'Air France.

Je me souviens que ma mère, en 1970, alors que mon père était en fin de vie, avait contacté un parent du côté Cromarias, chirurgien à Nice et propriétaire d'une clinique, qui était venu le voir. Je suis malheureusement aujourd'hui incapable de l'identifier.

D'autre part, ma grand mère Jeanne Eugénie était très liée à la famille Bureau; avant sa mort, survenu en 1962 à Saint-Gervais d'Auvergne, une amie de ce nom la visitait toujours, ainsi que Joséphine Maison. Les Maison étaient de proches cousins qui tenaient la pharmacie du bourg. En 1896, Eugène assista d'ailleurs à la déclaration en mairie du décès d'un enfant d'Antoine Maison son parent, alors âgé de 45 ans, qui exerçait la profession de pharmacien.

 

(photo Eugène vers 1906-annexe 21)

(Photo de groupe à la Place d’Armes à Beaumont, 1906, baptême de Marguerite Pageix + légende -annexe 22).

Eugénie Labourier (env.66 ans) épouse d'Eugène Cromarias à gauche et sa fille Germaine Cromarias (env. 40 ans) épouse de Charles Bureau, tenant par la main le jeune Claude Bureau (environ 7 ans), coiffé d'une casquette portant l'inscription "HMS LONDON". Photo prise probablement avenue Foch à Metz,vers 1932. Le couple habitait alors 1 rue Pasteur (près de la gare).

Eugénie Labourier (env.66 ans) épouse d'Eugène Cromarias à gauche et sa fille Germaine Cromarias (env. 40 ans) épouse de Charles Bureau, tenant par la main le jeune Claude Bureau (environ 7 ans), coiffé d'une casquette portant l'inscription "HMS LONDON". Photo prise probablement avenue Foch à Metz,vers 1932. Le couple habitait alors 1 rue Pasteur (près de la gare).

Photo prise à Metz le 5 mars 1935. De gauche à droite, un inconnu, Germaine (env.43 ans), gantée, qui tient l'étui du kodak (le photographe est peut-être Charles Bureau, donc malheureusement absent sur la photo), Claude Bureau le cadet (10 ans) et Georges Bureau  l'aîné (18 ans).

Photo prise à Metz le 5 mars 1935. De gauche à droite, un inconnu, Germaine (env.43 ans), gantée, qui tient l'étui du kodak (le photographe est peut-être Charles Bureau, donc malheureusement absent sur la photo), Claude Bureau le cadet (10 ans) et Georges Bureau l'aîné (18 ans).

7-La fin de sa vie et son décès

 

J'ai longtemps recherché la date, le lieu, et la cause de son décès. De 1908 à 1919, Eugène Cromarias, toujours Ingénieur Civil des Mines, réside à Chamalières au 27 avenue de Royat, à l'angle de l'avenue des Thermes. Les années suivantes, il y réside toujours lors des recensements de 1911, 1926 et 1931. J'ai moi-même habité avenue de Royat à deux pas de chez lui en 1974-1975 !

En 1919, à l'âge de 61 ans, Eugène a peut-être déjà pris sa retraite. A partir de 1934, son nom n'est plus mentionné dans l'annuaire de l'École des Mines et sa famille n'apparaît plus dans le recensement de 1936. Je pouvais donc en conclure que son décès était antérieur à 1934.

La date et le lieu de son décès m'ont finalement été communiquées par la mairie de Metz, puis confirmée par celle de Chamalières : Eugène est mort à Metz (Moselle) le 6 avril 1932 à 20h, 1 rue Pasteur, en face de la célèbre gare de chemin de fer de style prussien.

Il était âgé de 74 ans et demi. La déclaration du décès fut faite le lendemain 7 avril par un certain Eugène Lambert, employé, 27 ans, Habitant Montigny-les-Metz ; l'acte à été retranscrit plus tard, le 25 avril, par le maire de Chamalières, Pierre Chartrousse (acte annexe 24).

Sa présence à Metz était pour moi un mystère car il habitait à Chamalières avec son épouse: le lieu déclaré pour le décès, le N°1 de la rue Pasteur m'interpellait également.

Cette adresse était celle du domicile de Charles et Germaine (de janvier 1932 à avril 1938). À cette époque, le couple habitait aussi à Montigny les Metz, 33 rue de Pont à Mousson, et ceci explique peut-être la présence de cet employé, Léon Abadie, habitant lui aussi Montigny les Metz. 

Et pour ce qui concerne le motif de sa présence à Metz, un document trouvé sur Gallica, le site de la Bibliothèque Nationale de France, m'a éclairé sur ce point (voir annexe 28):

Il s'agit d'un jugement prononcé le 19 février 1931 par la Cour d'Appel de Colmar, Chambre détachée à Metz. Il révèle qu'Eugène et sa fille, Germaine, épouse Bureau, avait solidairement loué le 21 novembre 1929 à un certain Nosal, propriétaire, un local situé au N° 19, rue des Clercs, précédemment occupé par un certain Devallière qui y pratiquait le métier de Tailleur-plisseur.

Ce dernier avait cédé les locaux et son affaire aux consorts Bureau-Cromarias, et quitté les locaux où Germaine devait exercer ce même métier de tailleur-plisseur.

Le jugement précisait que Germaine était domiciliée à Metz, et Eugène à Nancy.

Le propriétaire des lieux, Nosal, dénonça cette sous-location, et saisit le tribunal de 1ère insyance de Metz afin de faire casser le bail qu'il avait consenti à Devallière. Ce dernier fit alors appel: au bout de plus d'un an, la Cour déclara finalement recevable sur la forme l'appel de Devallière tout en le condamnant aux dépens.

En définitive, Nosal autorisa la cession du bail à Bureau-Cromarias, sous réserve de n'exercer dans les lieux loué que le métier de tailleur-plisseur.

On comprend donc mieux ce qui motiva le dernier déplacement d'Eugène à Metz le 6 avril 1932: celui-ci devait faire de fréquentes visites à sa fille.

Eugène n'était certainement pas responsable de cette situation irrégulière créée à son insu, qui entraîna une procédure de plus d'un an entre le propriétaire et le premier locataire. Toutefois, ces complications, qui s'ajoutèrent à la perte de son fis Antoine, décédé l'année précédente à Saint-Gervais d'Auvergne, à 32 ans seulement, contribuèrent certainement à altérer sa santé.

Il est très curieux de constater qu'Eugène, alors retraité, se soit lancé avec sa fille Germaine dans un métier sans rapport avec celui d'ingénieur des mines...

Le métier de tailleur-plisseur est en effet consacré à la confection de costumes sur mesure pour les grands couturiers (voir annexe 29). Ajoutons enfin que l'adresse du 19 rue des clercs est un immeuble cossu, toujours visible aujourd'hui; il donne sur une voie piétonne très commerçante.

Je suis surpris par le fait que Germaine ne soit pas désignée dans l'acte de décès de son père, alors qu'elle demeurait à Metz.

 

Devenue veuve, Anaïs Eugénie ne survivra pas longtemps à Antoine Eugène ; 4 ans plus tard, le 17 janvier 1936, à 69 ans, elle mourra à Chamalières à son domicile de l'Avenue Thermale, âgée de 69 ans (acte annexe 25).

J'ai retrouvé grâce à la bibliothèque de Nancy (M. Éric Nunes et Mme Cindy Hopfner) l'avis de son décès dans l'Est Républicain du dimanche 19 janvier 1936:

 

"Mme et M. Charles BUREAU : MM Georges et Claude BUREAU : et toute la famille,

"Ont la douleur de vous faire part de la perte cruelle qu'ils viennent d'éprouver en la personne de

"Madame Eugénie CROMARIAS

"Née LABOURIER "leur mère, belle-mère, grand mère, tante et cousine, décédée à Clermont-Ferrand, le 17 janvier 1936, dans sa 69e année, munie des sacrements de l'Eglise.

"Les obsèques ont eu lieu à Gouttières (Puy-de-Dôme)

"PRIEZ POUR ELLE!

"Metz, 5 rue Sébastien Leclerc".

    

Biographie Eugène Cromarias Ingénieur des Mines

8-Notes

 

(1) : Lire l'excellente description de la Combraille par l'auteur auvergnat Henri Pourrat et l'ouvrage publié sous la direction de de Paul Roux, « Les populations rurales du Puy-de-Dôme », Clermont-Fd, Imp. De Bussac, 1933, chapitre  « Les régions nord-ouest du Puy-de-Dôme, dites Montagne de Riom", par Guy de Guérines.

 

(2) : Voir l'histoire de la confiserie par Hélène Martin, dans son ouvrage « La praline Cromarias-Salneuve », août 2010 .

 

(3): Marien Antoine Cromarias, mon arrière grand père, avait épousé Marguerite Villevaud-Arnaud, d'Aubière, le 26 avril 1875. Sa fille, ma grand-mère Jeanne-Eugénie, évoquait non sans nostalgie sa jeunesse: elle nous confiait qu'il fallait à son arrière-grand-père Gilbert plusieurs jours à cheval pour faire le tour de ses propriétés. Son père, Antoine Cromarias du Fraisse avait épousé Marguerite Villevaud-Arnaud, d'une vieille famille d'Aubière, près de Clermont-Ferrand. Antoine, son épouse Marguerite et leurs deux filles Irène et Jeanne y séjournaient la plus grande partie de l'année, et se transportaient l'été venu au Fraisse. Leurs propriétés étaient louées en fermage à des métayers, à l'exception de la "Réserve"...Cette époque, selon les souvenirs de ma grand-mère, était rythmée par les  voyages entre Aubière et Saint-Gervais d'Auvergne: on s'entassait dans le break familial et l'on partait au petit trot...Le train, qui franchissait la Sioule sur le viaduc des Fades, permit ensuite de relier plus commodément Clermont à Saint-Gervais. Mon grand-père Pierre Pageix, originaire de Beaumont, bourg voisin de d'Aubière, fréquentait beaucoup cette localité, tout comme beaucoup de ses camarades; notamment, saxophoniste au sein de l'harmonie "Les Enfants d'Aubière", il participa à de nombreux concerts donnés sous le kiosque à musique. Il est très probable qu'il y fit connaissance des Cromarias et de sa future épouse. A noter d'ailleurs que l'harmonie se produisit aussi à Saint-Gervais d'Auvergne...(voir "Histoire de la famille Cromarias, Avant-Propos).

 

(4): Archives départementales du P.de D., Fonds du Service historique de l'armée de terre, bureau central d'archives administratives militaires (1R, registres matricules de recrutement, Riom, 1877, R 2900).

 

 

(5): Viviers, aujourd’hui Viviez, localité proche de Decazeville. Avant la création de la fonderie de zinc par Ernest Garnier en 1871, Viviez ressemblait aux communes agricoles : on y cultivait des céréales et de la vigne. Puis elle s’éveilla à l’industrie avec le traitement du minerai des gisements du sud de la France. Sa position géographique, près de la route de Figeac et de la ligne de chemin de fer, y contribua. En 1871, l’usine fut cédée à la société « Vieille-Montagne ». Aujourd’hui, elle fabrique toujours du zinc utilisé dans le bâtiment pour les couvertures et les bardages. Viviez conserve une vocation industrielle, abritant notamment la SAM (aluminium) et la SOPAVE (matériaux composites). Dans le bourg, le château servit de logement aux directeurs de la Vieille-Montagne à partir de 1872 (extrait de « Daniel Crozes vous guide en Aveyron », Ed. du Rouergue, 1994).

 

(6): La fonderie et les mines étaient alors dirigées par la société Franco-Belge.  (Voir la petite carte de la région dressée par Eugène).

 

(7): Alfred-Léopold-Gabriel Germond de Lavigne, 1812-1891, directeur de publication, journaliste, notamment auteur de « l’itinéraire historique et artistique de l’Espagne et du Portugal », 1859.

 

(8): Elisée Reclus, 1830-1905, géographe, auteur de "La nouvelle géographie universelle". Anarchiste, il participa à la commune de Paris.

 

(9): L'historique du 140e Régiment d'Infanterie pendant la Grande Guerre, ainsi que le journal de marche de ce régiment, mentionne effectivement  à plusieurs reprises Charles Bureau, révélant sa conduite héroïque au cours de cette guerre meurtrière pour son régiment dont les pertes furent considérables,  conduite qui lui valut la Croix de guerre avec palme et la Légion d'Honneur.

Appartenant à la classe 1911, après un sursis obtenu en 1912, probablement pour terminer ses études d'ingénieur à l'école supérieure d'électricité de Grenoble ("Supélec"), le jeune Bureau est mobilisé et arrive au corps le 12 août 1914 comme simple 2e classe. Il est caporal le 12 octobre suivant, puis sergent le 24 avril 1915 et accède au grade de sous-lieutenant le 9 avril 1917. À l'automne 1917, il est lieutenant à la 6e compagnie du 2e bataillon. L'historique (p. 81) précise:

"Au cours de l'attaque du 23 octobre 1917, la progression de nos troupes fut facilitée par l'action de la section de flanquement commandée par le lieutenant Bureau qui "a foncé par la gauche sur Saint-Guillain d'où elle a débusqué un fort parti ennemi".

Plus loin, on lit que le 3 novembre, lors de l' attaque de la Forêt de Pinon, le Capitaine Rondot, commandant la 6e compagnie, est tué, et le Lieutenant Bureau est blessé; la compagnie n'a plus d'officier.

Son dossier de la Légion d'Honneur (base en ligne Leonor) permet de relever le détail de ses blessures et les motifs de ses citations et décorations:

 

Blessé quatre fois, une fois au genou gauche (30 mai 1915), deux fois à la cuisse gauche (les 10 juin 1915 et 3 novembre 1917), et une fois au pied...gauche (15 juillet 1918), il n'en continue pas moins de se distinguer, en première ligne, lors des attaques:

 

Citation à l'ordre du régiment du 11 novembre 1916:

"Gradé plein d'allant et de courage, volontaire pour toutes les patrouilles, A rapporté de plusieurs reconnaissances effectives au contact de l'ennemi de précieux renseignements sur les points occupés par lui et ses défenses ennemies".

 

Citation à l'ordre de l'armée du 19 février 1918:

"A fait preuve de la plus belle énergie en entraînant brillamment sa section à l'attaque de la ferme St-Guillain où il a rapidement débusqué l'ennemi facilitant ainsi la progression du bataillon".

La citation liée à l'obtention de la Légion d'Honneur est particulièrement élogieuse:

"Officier d'une bravoure exceptionnelle. S'est tout particulièrement distingué à la bataille de la Malmaison le 23 octobre 1917. A été grièvement blessé le 3/11 suivant au  cours d'une reconnaissance offensive où il a montré les plus belles qualités d'allant et de sang froid.

A été blessé de nouveau à la bataille de Champagne le 15 juillet 1918 en portant sa section en avant.

2 blessures antérieures, 2 citations.

On pourra m'objecter que je me suis un peu trop attardé sur la personne de Charles Bureau qui n'est certes pas notre parent par le sang; toutefois, la bravoure qu'il manifesta au cours de ces campagnes meurtrières et sa baraka m'ont paru mériter ce long développement. De plus, Charles Bureau est aussi pour moi l'une des clés pour tenter de dissiper le mystère qui entoure le destin de Germaine Cromarias...     

 

Le dossier militaire de Charles Bureau se trouve aux archives de la Défense sous la cote GR 8 YE 8363. Je l'ai consulté et il m'a permis de compléter les informations nécessaires à sa biographie. Toutefois, je n'y ai pas trouvé de photos et, notamment, je n'y ai pas trouvé son livret militaire qui, en principe, contient une photo de l'intéressé. De plus, j'ai pu consulter sa fiche matricule aux archives en ligne du Gard (N° matricule 779): en effet, lorsque cette fiche fut établie, il demeurait avec ses parents à St-Martin de Valgalgues, canton d'Alès Est, car son père dirigeait alors les houillères locales.

 

(10): Léon Poussigue (1859-1941, ingénieur des mines de Saint-Étienne, directeur des houillères de Ronchamp à partir de 1891.

 

(11): Après le retour à la France de l'Alsace-Lorraine en 1919, l'intégration des société de statut anciennement allemand dans un vaste ensemble interconnecté fut confiée à la SALEC et sa branche Mosellane "Forces électrique lorraines". Elle disposait en 1922 de 2 centrales thermiques et de 4 petites centrales hydro-électriques. Elle assura l'électrification des campagnes mosellanes jusqu'à la veille de la deuxième guerre mondiale.             L'administrateur était un nommé Roger Coureau, directeur des Mines de la Houve.

 

(12): Au Maroc, les Beni Yazrha occupent la région de Fès-Bolmane, province de Sefrou, commune de El Menzel.

--o--

 

9-Annexes (documents et photos)

 

1) Acte de naissance d'Eugène Cromarias à Gouttières (Archives départementales du Puy-de-Dôme) :

 

« Acte de naissance d'Eugène CROMARIAS

N°12

« 12 Septembre 1857

« Cromarias Antoine Eugène

Sexe masculin

« L'an mil huit cent cinquante sept le treize septembre à huit heures du matin par devant nous Boudaud Bénigne Joseph maire officier de l'état civil de la commune de Gouttières, canton de Saint-Gervais, département du Puy-de-Dôme, est comparu Cromarias François-Jean-Baptiste, âgé de quarante trois ans, propriétaire, demeurant au lieu du Fraisse en cette commune, lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin né hier, à six heures du soir de lui déclarant en sa maison et de Thomas Françoise, âgée de vingt neuf ans, son épouse, et auquel il a déclaré vouloir donner le nom de Antoine-Eugène. Les dites déclarations et présentation faites en présence de Puandet Jean, âgé de quarante deux ans, sacristain et de Chalus Jacques âgé de vingt un ans, Instituteur public, demeurant tous les deux au chef-lieu de la commune de Gouttières. Le comparant ainsi que les témoins ont signé avec nous le présent acte, après que lecture leur en a été faite.

Chalus Boudaud

Puandet Cromarias  »

 

2) Photo de Marien THOMAS-DESROFFEIX, beau-père de Jean-Baptiste Cromarias (Col. Pers.):

 

Marien, grand père d'Eugène, est mon aïeul (5e génération: voir généalogie). Yeux clairs, cheveux longs à l'ancienne mode (il est né sous Louis XVI...). Relativement âgé lorsque la photo a été prise (vers 1860?), il n'en paraît pas moins un solide et fier gaillard...

 

2marienthomas.JPG

 

3) Photo Eugène vers 18 ans (D°):

 

3eugènecromarias18ans

 

4) Photo plan concession 1838 (Archives départementales du Puy-de-Dôme):

 

4planconcess

 

5) Tableau de ses notes (Col. École des Mines):

 

5tableaudesnotes

 

Extrait du registre matricule de l' École des Mines le 23 août 1877:

 

Notes obtenues par Eugène au concours d'admission au cycle préparatoire intégré à l'École des Mines le 20 août 1877 (à l'issue donc de ses études secondaires): Algèbre 12/20; Physique: 14/20; Géométrie: 14/20; Chimie: 14/20; Dictée: 8/10; Dessin: 5/10; Total: 67/100; classé 8 ex-aequo (le premier totalisait 73 points). 

 

En fin de cycle préparatoire, il est admis sur concours comme élève externe le 23 août 1880 (classé 13), avec les notes suivantes: Analyse et Mécanique: 13/20; Chimie: 15/20; Physique: 7/10; Géométrie descriptive: 6,5/10; Géographie et Cosmographie: 7/10; Épures et Lavis: 5,5/10; Total: 54/80 (le premier totalisait 67 points).

 

Passe en 2e année le 8 juin 1881 (classé 15)

 

Passe en 3e année le 7 juin 1882 (classé 15)

 

Brevet délivré le 6 juin 1883 (classé 10 à la sortie de l'École).

 

On trouve dans son dossier le tableau général des notes (cf ci-dessus), obtenues au cours des trois années de formation pour l'obtention du Brevet d'Ingénieur. On y voit la grande variété des matières étudiées: Exploitation et machines, Métallurgie, Minéralogie, Géologie et Paléontologie (le Muséum n'est pas loin...), la Docimasie (science des proportions des métaux utilisables dans les minerais), Constructions, chemins de Fer, Législation des Mines, Agriculture, Fortifications Militaires, Dessin, Lever de Plans. Une place est laissée à la pratique d'une langue étrangère: Allemand ou Anglais. Il avait manifestement opté pour l'Allemand. Enfin, les Mémoires et Journaux de Voyage réalisés chaque année sont également notés. 

 

6) Photo de son domicile parisien pendant ses études à l'École des Mines:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7) Photo de l'emblème de l'École:

 

7emblemeecoledesmines-copie-1.jpg

 

8) Photo de groupe de la promo d'Eugène à l'École des Mines (Col. Ecole des Mines):

 

8groupeélèves ecoledesmines

 

Toute la promotion 1880. Assis de droite à gauche: Eugène (le barbu...), Coste, David, Termier Ingénieur (*) futur membre de l'Académie des sciences, Leclère, de Pélissot. 2e rang de DàG: Salles, Gerbault, Nentien Ingénieur, Léorat, Pernin, Prévost, Charrier. 3e rang de DàG: Ancelle, Philippe, Bloch, Beaugey Ingénieur, Mongin, Nicklès, Davines. Derrière le mur de DàG: Boynet, Luuyt Ingénieur, Laveissière. 

(*): Lors d'une visite de l'Institut avec mon groupe des  "Amis des Archives de France", on nous fit voir le registre des séances. Sur l'un d'eux, le secrétaire avait "croqué" les membres présents, et ce savant n'échappa point à son coup de crayon ma fois très habile...

 

Termier Ingénieur

 

9) Lingot plomb argentifère de Pontgibaud (Col. Pers.):

 

9lingotplombarg

 

10) Photo rapport et carte Bilbao (Col. École des Mines):

 

 

10-1rapportbilbaoDSC03104

 

 

10bilbao.JPG

 

 11) Photo plan mine de Pontgibaud et dessins (D°):

 

11minespontgibaudDSC03114.JPG

 

12) Photo dessin (D°):

 

12dessin.JPG

 

 

 

13) Cartes de la Combraille au début du XXème siècle :

Communications, filons miniers (extrait de l'ouvrage sous la direction de de Paul Roux, « Les populations rurales du Puy-de-Dôme »,Clermont-Fd, Imp. De Bussac, 1933, chapitre  « Les régions nord-ouest du Puy-de-Dôme, dites Montagnede Riom, par Guy de Guérines.

 

13-2carteCombraille

 

 

13carteCombraille.jpg

 

14) Photo de son épouse vers 1906:

 

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15) Acte de mariage le 7 novembre 1892 à Pontgibaud (Archives départementales du Puy-de-Dôme):

 

« Acte de mariage d'Eugène Cromarias

N°7

7 novembre 1892

« Antoine Eugène Cromarias garçon et Anaïs Eugénie Labourier fille.

« L'an mil huit cent quatre vingt douze le sept novembre à cinq heures du soir, par devant nous Guillaume Boutarel, Maire officier de l'état civil de la ville de Pontgibaud, chef lieu de canton, arrondissement de Riom, département du Puy de Dôme, sont comparus publiquement en notre maison commune, Mr Antoine-Eugène Cromarias âgé de trente cinq ans né à Gouttières canton de Saint Gervais le douze septembre mil huit cent cinquante sept suivant l'acte de naissance produit, fils majeur de défunt François-Jean-Baptiste Cromarias, décédé à Gouttières le quatorze avril mil huit cent cinquante neuf comme le constate l'acte de décès produit et de Françoise Thomas consentante ainsi qu'il résulte de sa procuration passée devant Me Forestier notaire à Saint-Gervais en date du vingt quatre septembre dernier, ingénieur civil domicilié avec sa mère à Saint-Gervais d'une part. Et Delle Anaïs-Eugénie Labourier âgée de vingt six ans, née en cette ville le quinze novembre mil huit cent soixante six suivant son acte de naissance inscrit au registre, sans profession, fille majeure de François Labourier et d'Anne-Gilberte Coulon, négociants, tous deux ci-présents et consentants, demeurant ensemble à Pontgibaud, d'autre part. Lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites devant la principale porte d'entrée de notre maison commune savoir : la première le dimanche onze septembre dernier à six heures du matin et la seconde le dimanche dix huit du même mois et à dix heures du matin que pareilles publications ont été faites dans les mêmes formes à la Mairie de Gouttières canton de St. Gervais les mêmes jours mois et heures suivant le certificat produit aucune opposition au dit mariage ne nous ayant été signifiée,faisant droit à leur réquisition après avoir donné lecture de toutes les pièces ci dessus mentionnées et annoncées et du chapitre VI du titre V du code civil intitulé du mariage ; nous avons interpellé les futurs époux ainsi que les père et mère de la future qui autorisent le mariage d avoir à déclarer s'il a été passé un contrat de mariage, lesquels nous ont répondu négativement ; nous avons ensuite demandé au futur époux et à la future épouse s'ils voulaient se prendre pour mari et pour femme, chacun d'eux ayant répondu séparément et affirmativement déclarons au nom de la loi que Antoine Eugène Cromarias et Anaïs-Eugénie Labourier sont unis par le mariage de quoi nous avons dressé acte en présence de Labourier Louis négociant âgé de cinquante sept ans, de Michel Coulon sans profession âgé de soixante neuf ans, tous deux oncles à la future demeurant à Clermont-Ferrand ; de Maugue Pierre-Emmanuel âgé de cinquante quatre ans Receveur de l'Enregistrement à St-Gervais et de Constantin Gabriel âgé de trente cinq ans agrégé de l'Université à Clermont-Ferrand, lesquels ont signé avec nous ainsi que las parties contractantes, après lecture faite.

Labourier Boutarel Eugénie Labourier

Maugue E Cromarias Labourier

Coulon Constantin Labourier »

 

16) Acte de naissance de Germaine le 19 novembre 1893 à Chamalières  (Archives départementales du Puy-de-Dôme):

« N° 34

« Cromarias Germaine, Marie, Eugénie, enfant légitime, a contracté mariage à Ronchamp (Hte-Marne) le 2 avril 1917 avec Charles Bureau, décédée le 1-3-1953 à Mazagan, Casablanca, Maroc (à 59 ans). 

« L'an mil huit cent quatre vingt treize le dix neuf du mois de novembre à onze heures du matin par devant nous Poisson Pierre maire, officier de l'état civil de la commune de Chamalières, canton nord de Clermont Ferran , est comparu Cromarias Antoine Eugène âgé de trente six ans ingénieur civil , lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin né ce matin à une heure de lui déclarant en sa maison d'habitation sise avenue de Royat, numéro vingt et un, et de dame Labourier Anaïs Eugénie âgée de vingt sept ans, sans état son épouse et auquel enfant il a déclaré vouloir donner les prénoms de Germaine Marie Eugénie ; lesdites déclaration et présentation faites en présence de Dargent Georges âgé de quarante ans infirmier demeurant à Chamalières, Labourier Louis, âgé de cinquante neuf ans négociant domicilié à Clermont Ferrand, et ont le père et les témoins signé avec nous le présent acte de naissance après que lecture leur en a été faite.

Le Maire

E Cromarias Dargent L Labourier »

 

17) Acte de mariage de Germaine le 2 avril 1917 (Mairie de Ronchamp):

 

Le vingt un avril mil neuf cent dix sept, à dix heures et demie du matin, devant nous Octave Beuret, maire de Ronchamp, ont comparu publiquement en la maison commune Charles Auguste BUREAU, étudiant actuellement sous-lieutenant au 140e Régiment d'Infanterie, domicilié à Ronchamp, né à Bruay (Pas-de-Calais) le vingt six septembre mil huit cent quatre vingt onze, fils majeur de Achille Marie Joseph BUREAU, ingénieur, domicilié à Ronchamp, présent et consentant, et de Augustine Claudine Adeline HARDORFF, sans profession, son épouse décédée, d'une part. Et Germaine Marie Eugénie CROMARIAS, sans profession, domiciliée à Chamalières (Puy-de-Dôme) où elle est née le dix neuf novembre mil huit cent quatre vingt treize, fille majeure de Antoine Eugène CROMARIAS, ingénieur, et de Anaïs Eugénie LABOURIER, sans profession, son épouse, domiciliée à Chamalières, présents et consentants d'autre part. Les futurs époux ainsi que leurs pères et mère déclarent qu'ils n'a pas été fait de contrat de mariage.  Aucune oppositon n'ayant été faite, les contractants ont déclaré l'un après l'autre vouloir se prendre pour époux et nous avons prononcé au nom de la loi que Charles Auguste BUREAU et Germaine Marie Eugénie CROMARIAS sont unis par le mariage. Dont acte en présence de Élie Minier, ingénieur civil des mines, domicilié à Paris, cousin de l'époux, André Hardorff, propriétaire, domicilié à Pulligny-Montrachet (Côte d'Or), oncle de l'époux,  Jeanne Chirin, cousine de l'épouse, domiciliée à Paris, Léon Poussigue, directeur de la Société des Houillères de Ronchamp, chevalier de la Légion d'Honneur, domicilié à Champagney. Lecture faite, les époux, leurs pères et mère et les témoins ont signé avec nous.

 

18) Acte de décès de Germaine le 1er mars 1953 à Mazagan (Maroc):

 

"N° 34 acte de décès de Germaine, Marie, Eugénie CROMARIAS, épouse Bureau."Le premier Mars mil neuf cent cinquante trois, zéro heure quinze, est décédée Rue Louis Pasteur à Mazagan: Germaine, Marie, Eugénie CROMARIAS, française, sans profession, née le dix neuf Novembre mil huit cent quatre vingt treize à Chamalières (Puy-de-Dôme), domiciliée Ferme Santa Maria, kilomètre quatre, route de Mazagan, fille de Antoine, Eugène CROMARIAS, et de Anaïs, Eugénie LABOURIER, son épouse, tous deux français, décédés, épouse de Charles Auguste BUREAU.

"Dressé le trois Mars mil neuf cent cinquante trois, quinze heures, sur la déclaration de Charles, Auguste BUREAU, français, Chevalier de la Légion d'Honneur, décoré de la Croix de guerre, âgé de soixante deux anx, maraîcher, domicilié Ferme Santa Maria, kilomètre quatre route de Mazagan, époux de la défunte, qui lecture faite, a signé avec nous Paul de Gaillande, Adjoint au Chef des Services Municipauxde mazagan, officier de l'État-Civil délégué.

"Bureau       de Gaillande"

 

19) Acte de naissance de Antoine le 3 mars 1899 à St-Gervais:

 

"N°13

"3 Mars 1899

"Cromarias Antoine, Jean Alexis

"Masculin

"Légitime

"L'an mil huit cent quatre vingt dix neuf le quatre Mars à dix heures du matin, Par devant nous Maison Etienne, maire officier de l'état civil de la commune de Saint-Gervais, chef lieu de canton, arrondissement de Riom département du Puy de Dôme, est comparu Cromarias, Antoine, Eugène, âgé de quarante un ans, Ingénieur à Saint-Gervais lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, né le trois Mars à dix heures du soir de lui déclarant en son domicile , et de Labourier, Anaïs, Marie, Eugénie âgée de trente deux ans, son épouse sans profession demeurant avec lui, et auquel il a déclaré vouloir donner le prénom de Antoine, Jean, Alexis les dites déclaration et présentation faites en présence de Maugue Emmanuel, Receveur des Contributions âgé de soixante un an de Maison Antoine âgé de quarante six ans Pharmacien tous deux demeurant à Saint Gervais amis du déclarant et ont le père et les témoins signés avec nous le présent acte de naissance après qu'il leur en a été fait lecture.

    Maison (Antoine)  Maugue (Emmanuel) ECromarias E Maison" 

 

20) Acte de décès d'Antoine le 10 octobre 1932 à St-Gervais:

 

"N° 29 / 10 octobre 1923 / Cromarias Antoine Jean Alexis 32 ans, célibataire.

"Le dix octobre mil neuf cent trente et un, à dix heures trente est décédé en son domicile à Saint-Gervais d'Auvergne Antoine Jean Alexis Cromarias, né à Saint-Gervais d'Auvergne le trois mars mil huit cent quatre vingt dix neuf, sans profession, fils de Antoine Eugène Cromarias, Ingénieur en retraite, et de Anaïs Marie Eugénie Labourier, sans profession son épouse, domiciliés à Saint-Gervais d'Auvergne, célibataire.

"Dressé le onze octobre mil neuf cent trente et un, à huit heure sur la déclaration de Michel Maison, cinquante-cinq ans, pharmacien, voisin du défunt, domicilié en cette commune, qui, lecture faite,  a signé avec Nous, Michel Sauret, Maire de Saint-Gervais d'Auvergne.

Maison M    M Sauret"

 

21) Photo Eugène vers 1906 (Col. Pers.):

 

16eugènevers1906
      

 

 

 

 

 

22) Photo de groupe à la Place d’Armes à Beaumont, 1906:

 

 pldarm2-copie-1.jpg

 

Baptême de Marguerite Pageix :

En haut, de gauche à droite, debout :

 

Bonnette Bardin, épouse Jean-Baptiste Pageix (mes arrières grands parents Pageix) ; Marguerite Villevaud (Aubière), veuve d’Antoine Cromarias (mes arrières grands parents Cromarias), X, Antony Pageix, époux Marie-Louise Gay ; Irène Cromarias, sœur de Jeanne Eugénie, épouse Alexis Teilhol (Aubière); X ; X ; Eugène Cromarias, Ingénieur des Mines, frère d’Antoine ; Anaïs Labourier, épouse d’Eugène Cromarias, Joseph Pageix (en uniforme), frère de Pierre mon grand père et d’Antony Pageix ; X ; Jean-Baptiste Pageix, mon arrière grand père ; X; X.

 

Assis au premier rang :

 

Guy Teilhol, fils d’Alexis et d’Irène ; Antoine Cromarias, fils d’ Eugène et d’Anaïs, ma grand-mère Jeanne Eugénie Cromarias, épouse de Pierre Pageix (mes grands parents Pageix), tenant dans ses bras ma tante Marguerite Pageix ; Paul Teilhol ; Germaine Cromarias (qui fait la grimace…)

 

La photo a été prise par mon grand père Pierre Pageix (absent sur le cliché), devant les granges de la maison Pageix à la Place d’Armes, à Beaumont.

 

23) Généalogie sommaire d' Eugène Cromarias :

 

1-Pierre Cromarias de Laveix, paroisse de St-Julien la Geneste + après 1602

 

2-Claude Cromarias de Laveix x Blaisie Laussedat (+ 1601) puis Marguerite Aymard d'où :

 

3-Gilbert Cromarias de Laveix  o vers 1610, x Gilberte Laussedat, +vers 1680

 

4-Blaise Cromarias de Laveix  o vers 1640, + après 1710 x Gervaise Nohen

 

5-Pierre Cromarias de Laveix o vers 1670 + vers 1712 x Jeanne Aubignat, parents de :

 

6.1-Blaise Cromarias de St-Julien la Geneste o en 1702 + 1761 x Françoise Vialette, parents de :

-Gilbert Cromarias o 1730 +15.07.1797 x 31. 01.1769 Catherine Cromarias

 

6.2-Gilbert Cromarias s'installe au Fraisse paroisse de Gouttières o ca 1705 + 1771 ép. Alexie Favier, parents de :

-Catherine Cromarias o 23.11.1744 + 12.08.1802 x Gilbert Cromarias

 

D'où la branche du Fraisse, fruit du mariage de Gilbert et Catherine, cousins germains, qui marqua la réconciliation des deux « frères ennemis », Blaise et Gilbert, jusque-là en désaccord sur l'héritage de leur père :

 

7-Gilbert Cromarias Le Fraisse o 7.02.1776 + 19.05.1853 x Marie Auray

 

8-Jean Baptiste François Cromarias Le Fraisse o 14.09.1816 + 14.04.1859 x 04.06.1844 Françoise Thomas fille de Marien Thomas Desroffeix (photo2) 3 enfants*:

 

*9.1-Gilbert Cromarias o 24.05.1847 + 24.09.1855, décédé à 8 ans.

 

*9.2-Marien Antoine Cromarias (Mon arrière grand-père) Le Fraisse o 30.08.1849 + 10.01.1893 x 26.04.1875 Marguerite Villevaud, 3 enfants :

 

10.1-Françoise Marie Irène (dite Irène) Cromarias o 03.02.1876 + 16.04.1952 x Benoit François Alexis (dit Alexis) Teilhol ( parents de Paul, Guy et Pierrette)

10.2-Eugène Cromarias o 02.09.1879 + 03.09.1879

10.3-Jeanne Eugénie Cromarias o 02.09.1881 + 01.10.1962 x 21.06.1904 Pierre Pageix (mes grands parents), parents de Marguerite et de Paul, mon père. 

 

*9.3-Antoine Eugène Cromarias Ingénieur des Mines o 12.09.1857 + 06.04.1932 x 7.11.1892 Anaïs-Eugénie Labourier 2 enfants**:

*10.3.1-Germaine Marie Eugénie Cromarias, o 19.11.1893 à Chamalières x 21.04.1917 avec Charles Auguste Bureau + 01.02.1953 à Mazagan, Maroc. Deux enfants:

*11.3.1 -Georges Marie Charles Bureau,  o 08.04.1918 à Ronchamp, x 23.11.1940 à Chamalières avec Simone Suzanne Alice Colas, + à Saint-Cloud 07.07.1994.

*11.3.2 -Claude Marie Antoine Bureau, o 23.06.1925 à Nancy, x 03.02.1947 à Ksar es Souk (Maroc) avec Beni Mohamed Fatma, + à Haouzia (Maroc) le 19.07.2001.

*10.3.2-Antoine Jean Alexis Cromarias o 3.03.1899, +10.10.1932 à Saint-Gervais

nota: o = naissance; x = mariage; + = décès.

 

 24) Acte de décès d'Eugène le 6 avril 1932 à Metz :

 

Etat Civil de Chamalières : N° 41 25 aavril 1932. Cromarias Eugène Antoine. Epoux 75 ans décédé le 6 avril 1932.

Le six avril mil neuf cent trente-deux, à vingt heures est décédé , 1 rue Pasteur, Eugène Antoine Cromarias, Ingénieur civil des Mines, domicilié à Chamalières (Puy-de-Dôme) avenue de Royat, né à Gouttières (Puy-de-Dôme), le douze septembre mil huit cent cinquante sept, fils de Antoine Cromarias et de Françoise Thomas, époux décédés, époux de Eugénie Labourier.

Dressé le sept avril mil neuf cent trente deux, à quinze heures sur la déclaration de Léon Abadie, employé vingt sept ans, à Montigny-les-Metz qui, lecture faite, a signé avec Nous Eugène Lambert conseiller Municipal officier de l'état civil par délégation.

Le présent acte a été transcrit par Nous Pierre Chartrousse, chevalier de la Légion d'Honneur, Maire de Chamalières le vingt cinq avril mil neuf cent trente deux conformément à l'article 80 du code civil. P. Chartrousse »

 

25) Acte de décès d'Anaïs Eugénie Labourier le 17 janvier 1936 à Chamalières :

 

N° 8/17 Janvier 1936/ Labourier Anaïs Eugénie Veuve : 69 ans.

Le dix-sept Janvier mil-neuf-cent-trente-six, à douze heures est décédée en son domicile, avenue Thermale :

Anaïs Eugénie Labourier, née à Pontgibaud (Puy-de-Dôme) le quinze novembre mil-huit-cent -soixante-six sans profession fille de François Labourier et de Gilberte Coulon, dédédés, Veuve de Antoine Eugène Cromarias.

Dressé le jour susdit, mil-neuf-cent-trente-six, à seize heures, sur déclaration de Jean Limousin, soixante six ans, sans profession rue André Moinier 8 à Clermont-Fd qui lecture faite a signé avec nous, Pierre Chartrousse, Chevalier de la Légion d'Honneur, Maire de Chamalières.

J. Limousin P Chartrousse

 

26) Demande de concession minière en Algérie d'Eugène:

Demande de concession minière en Algérie des 7 décembre 1889 et 7 février 1890. Journal officiel du 29 mai 1890.

Demande de concession minière en Algérie des 7 décembre 1889 et 7 février 1890. Journal officiel du 29 mai 1890.

Demande de concession, suite.

Demande de concession, suite.

Décret du 12 juin 1891 du Président de la République portant concession de mine au profit d'Eugène Cromarias.

Décret du 12 juin 1891 du Président de la République portant concession de mine au profit d'Eugène Cromarias.

27) Extrait de la Gazette Algérienne du mercredi 8 mars 1899:

 

LA GAZETTE ALGERIENNE,

mercredi 8 mars 1899,

15e année, N° 19.

Organe républicain indépendant paraissant les mercredi et samedi.

 

Rapport sur la mine de Taya

 

Historique: Les gîtes d'antimoine et de mercure du Djebel-Taya ont été signalés, pour la première fois, en 1845, par M. Fournel, Ingénieur en Chef des Mines.

Ces gîtes ont été étudiés de 1845 à 1850 par M. Briquelar, Négociant à Marseille.

De 1850 à 1853, M. Dervieu, de Marseille, fut autorisé à explorer lesdits gîtes.

Vers 1853, les travaux de recherche ayant dégénérés en travaux d'exploitation, ceux-ci furent arrêtés par ordre de l'Administration.

De 1881 à 1883, les recherches furent reprises et continuées par MM. Médevielle, Cassar et Xiberras.

Leurs travaux firent déclarer les gîtes du Taya concessibles.

Pour des raisons que nous ignorons, la demande de concession formulée par ces explorateurs fut rejetée.

Par décret en date du 12 juin 1891, les gîtes du Taya ont été concédés à M. E. Crosmarias, Ingénieur civil, demeurant à St-Gervais-d'Auvergne, département du Puy-de-Dôme.

A titre d'indemnité, M . Crosmarias a payé à la Société Cassar, Médevielle & Xiberras, la somme de dix mille francs pour l'invention de la partie des gîtes concédés, que leurs travaux ont fait connaître.

L'aticle 5 du décret de concession fait mention de cette indemnité.

 

Position géographique: La mine du Taya est située sur une ligne de Bône au Kroubs, à huit kilomètres environ au nord-est de la gare du Taya (à 1200 mètres d'altitude), celle-ci se trouve à 124 kilomètre de Bône.

Un sentier muletier conduit de la gare à la mine.

 

Position géologique: D'après M. l'Ingénieur des Mines Tissot, les gîtes du Taya sont compris entre les calcaires et marnes (sénoniens), et les calcaires classés par cet ingénieur dans la partie supérieure de l'étage néocomien.

Le terrain sénonien (marnes shisteuses avec bancs de calsaires), forme une ceinture au pied du massif calcaire à l'ouest, au nord et à l'est, dans presque toute la partie où se trouve les gîtes minéraux, ce terrain disparaît sous les marnes schisteuses de la formation numulitique.

 

Gîtes: Les gîtes du Taya se divisent en deux catégories bien distinctes :

1° -Les gîtes encaissés dans la masse calcaire qui forme la montagne du Taya ;

2° -Les gîtes qui se trouvent au contact du calcaire néocomien et des marnes sénoniennes.

Les gîtes de la première catégorie se rencontrent à différents niveaux dans les grands joints de stratification du massif calcaire et dans les fissures plus ou moins verticales qui les recoupent.

L'existence du minerai a été signalé dans le massif calcaire, sur une hauteur de plus de 200 mètres.

 

   

28) Jugement de la Cour d'Appel de Colmar, Chambre détachée à Metz, 19 février 1931.

Concernant la famille Cromarias-Bureau (Résumé).

 

Un certain Nosal, propriétaire d'un immeuble à Metz, 19 rue des Clercs, avait loué le 18 novembre 1929 à un certain Devallière des locaux dans cet immeuble pour y pratiquer le métier de tailleur-plisseur pour trois ans à dater du 1er janvier 1930, moyennant un loyer annuel de 2500 francs.

Le bail stipulait que le locataire ne pourrait céder son droit au bail ni sous-louer sans l'autorisation du bailleur.

Le 4 décembre 1929, Devallière avisa Nosal qu'il avait cédé par acte du 21 novembre 1929 (trois jours seulement près avoir lui-même contracté ce bail !) son affaire de plissage à la dame Bureau à Metz (née Germaine Cromarias) et au sieur Cromarias à Nancy (père de germaine). Le 12 décembre suivant, le journal "Le Lorrain" publia une annonce de vente du fonds de commerce Devallière aux Cromarias-Bureau et du matérie associé.

Le Tribunal de 1ère Instance de Metz fut saisi par Nosal d'une demande de résiliation du bail et par Devallière d'une demande de ratification par la justicie de la cession conclue entre lui-même et les consorts Bureau-Cromarias, avançant qu'il détenait ne autorisation de cession de la part de Nosal.

Finalement, la "dame Nosal"  autorisa la cession à bureau-Cromarias du bail signé le 18 novembre 1929 avec Devallière sous réserve de n'exercer dans les lieux loués que le métier de tailleur-plisseur.

En conclusion, le Tribunal de Metz déclara recevable en la forme l'appel de Devallière, mais le condamna aux dépens.

 

29) Le métier de tailleur-plisseur

Le/la plisseur(euse) est une des petites mains essentielles à la haute-couture. Il/elle réalise un relief sur les pièces des grands couturiers.

Dans la mode, le plisseur possède un savoir-faire rare. Couturier dans l'âme, il s'applique à plier le tissu pour lui donner un relief particulier conférant ainsi à la pièce un aspect d'œuvre textile. Cet artisan peut donner au vêtement de multiples formes à condition de respecter quelques règles essentielles.

 

Un artisan minutieux :

Il effectue d’abord un travail préparatoire : il réalise son motif sur papier et effectue le traçage du tissu. Ce dernier est entreposé entre un « métier » (moule en carton à deux faces) qui est ensuite placé dans une étuve entre 85 et 100° pendant 2 à 5 heures. Le tissu doit ensuite reposer plusieurs heures afin d’épouser entièrement sa forme finale. La confection d’une pièce peut ainsi prendre une journée entière de travail.

 

Compétences nécessaires :

 

-Sens artistique développé

-Capacité de dessin, de création en relief

-Excellente connaissance des matières textiles

-Maîtrise des règles mathématiques et géométriques

-Organisation, rigueur, concentration.

 

 

Signature de Charles Bureau-11 mars 1927.

Signature de Charles Bureau-11 mars 1927.

 

 

 

Cette biographie devra être complétée, notamment pour ce qui concerne :

 

-la scolarité d'Eugène avant l'entrée à l'École des Mines ;

-ses activités en France, lorsqu'il était domicilié à St-Gervais d'Auvergne et à Chamalières ;

-la confirmation d'un deuxième séjour en Algérie, à partir de 1891, date de sa prise de concession des mines de Taya;

 

En l'état, elle doit beaucoup à Mme Maisonneuve et Mr Mahl, qui m'ont si bien accueilli à l'École Nationale Supérieure des Mines de Paris et pour la riche documentation qu'ils ont mise à ma disposition (en particulier le dossier de la scolarité d'Eugène Cromarias). Mes remerciements vont aussi à Mme Dessens et à Mme Weber pour leur accueil lors d'une visite faite en janvier 2017 à l'ENSMP où j'ai pu prendre d'autres clichés.

Ma reconnaissance va aussi à Madame Cindy Hopfner et à Monsieur Éric Nunes de la Bibliothèque de Nancy, pour leurs recherches dans la presse locale ("l'Est Républicain", etc), ainsi qu'aux Mairies de Nancy, Metz, Ronchamp et Chamalières et aux servicex de Nantes pour la communication rapide (et en ligne) des actes d'état civil du Maroc qui m'ont permis de préciser la descendance d'Eugène et d'Eugénie).

Mes remerciements vont également à Jean-Noël Mayet, confrère du Cercle Généalogique et Historique de l'Auvergne et du Velay, qui est l'auteur d'une étude en voie d'achèvement, entièrement consacrée aux Cromarias.

Malheureusement, comme beaucoup d'autres, cette biographie ne connaîtra pas son parfait achèvement, faute d'avoir su autrefois recueillir de la bouche de mes grands parents Pageix-Cromarias, ou de mon père Paul Pageix, tout ce qu'ils savaient à propos de ces personnages: cela m'aurait évité de devoir me contenter aujourd'hui, pour les faire revivre, de mes archives photographiques et de mes papiers de famille; ces froids témoignages ne suffiront jamais à retracer fidèlement leurs vies riches et actives et à mieux faire apparaître au fil de ces lignes leur âme et leur personnalité... 

 

Jacques Pageix, novembre 2011-août 2015 et 2016-2017...

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Published by jacquespageix - dans histoires et biographie
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