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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 22:02

 Nos parents,

 

le service militaire

 

et les guerres.

 

 

Quelques aspects, du Moyen Âge à nos jours.

 

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ppageix-copie-1.jpg

 

 

 

 

Mon grand père Pierre Pageix-Cromarias (1877-1961)

Photo prise en 1897 lors de son service militaire

accompli dans la musique (saxophone alto).

(noter la lyre cousue sur ses manches)

 

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Jacques Pageix 2013 

 

Avant-propos.

 

Cet article vise simplement à regrouper tous les souvenirs et les documents de notre famille autour d'un thème, la vie militaire, tout en essayant de répondre à ces questions: comment nos parents accomplissaient-ils leur service militaire et comment un très petit nombre d'entre-eux parvenaient-ils à y échapper? Enfin, comment se comportaient-ils lorsque la France entrait en guerre et que le devoir les appelait à servir leur pays? Aujourd'hui, aucun de ces parents n'est en vie...

 

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1-Nos ancêtres et le service militaire du Moyen Âge à la Révolution.

 

1-1-Au Moyen Âge tout comme au XVIe siècle, à Beaumont, nos ancêtres durent assurer la garde des portes de la ville, l'entretien des fortifications, et le maintien en état de l'armement, en particulier pendant les troubles liés à la guerre de Cent Ans, où les routiers et autres troupes jamais démobilisées parcouraient le pays, pillant et rançonnant. Le service du guet aux portes et aux remparts faisait partie d'obligations très anciennes, contractées avec l'abbaye (cf notamment la transaction de 1372 entre l'abbesse et les habitants au sujet de l'entretien des fortifications). Tout refus était puni: ainsi, Guillaume Serra fut condamné pour avoir refusé de garder la porte le jour de Pâques 1372...

À tour de rôle, les habitants étaient tenus de faire le guet aux remparts et aux quatre portes de la ville. Les élus et les "commissaires aux réparations" parcouraient les remparts et les corps de garde, la nuit, pour vérifier que les guetteurs ne dormaient pas, et, fait curieux, ils leur distribuaient du vin... En période d'insécurité, la surveillance était renforcée: on faisait "grand guet", en disposant six hommes à chaque porte, dans les corps de garde.

Bien sûr, le guet était requis en période de guerre; il l'était aussi lors des épidémies de peste, où il fallait empêcher les malades (avérés ou soupçonnés d'être atteints) de s'introduire dans la ville (voir l'article sur la peste à Beaumont figurant dans ce blog: le guet était aussi destiné à protéger le bourg des intrusions de gens atteints de ce terrible mal, qui étaient refoulés vers les "cabanes").

On constate pourtant que ces gardiens ne furent pas toujours très disciplinés...

Ainsi, en période de peste, le 27 août 1505, des beaumontois eurent maille à partir avec la justice abbatiale: Pierre Goujon et Antoine Delusse se virent infliger une amende pour n'avoir pas "gardé la porte royale (la porte Réale) pour la conservation de la ville" et Antoine de Mezet et Pierre Saurel, chargés de garder la porte de l'Olme, parce "qu'ils (ne) devoient pas boyre s'ils la gardoient".

Pour certains, la tentation de sombrer dans un sommeil réparateur, ou d'aller vider un pichet au cabaret voisin était parfois la plus forte...Elle les détournait du devoir de veiller aux portes et aux remparts pour assurer la sécurité de leurs concitoyens. (Il existait une auberge près de la porte Basse, tenue par Gaspard Auberoche, qui sera reprise plus tard -vers 1605- par Pierre Pagheix notre ancêtre beaumontois qui mourra lors de l'épidémie de peste de 1630/1631).

Naturellement, on relève de nombreux témoignages sur l' obligation pour les habitants d'accomplir le service du guet, non plus en période de peste, mais bien pour prévenir les intrusions de gens de guerre, et se prémunir contre leurs exactions.

 

Beaumont au début du XVe siècle: Reconstitution faite en 1979 à partir du terrier établi en 1426 pour l'abbesse Agnès de Montmorin par le notaire Jehan Blauf...

 

1-Nos parents et le service militaire (1ère partie:Moyen Âge, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles).
1-Nos parents et le service militaire (1ère partie:Moyen Âge, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles).

... Et au milieu du XVIe siècle (1543) Reconstitution faite en 1979 à partir du terrier établi pour l'abbesse Françoise du Vernet par les notaires Étienne Mège et Jacques Cros.

 

Depuis le désastre de Pavie, en 1525, où François 1er fut capturé (voir plus loin), des bandes armées, revenue en France après avoir participé aux guerres d'Italie, battaient la campagne. Ces troupes sans discipline ravivaient ainsi le triste souvenir des Grandes Compagnies de la Guerre de Cent ans, dont on eut tant de mal à se débarasser. Voici quelques faits:

"Le samedi XXe jour du dict moys de julhet que la bande (du) cappitaine bonyvat passat et allat louger a Romaignhat Ceyrat oulme (Opme) Saulzet, Clemensat boysagoulhs (Boisséjours) et autres villaiges circonvoisins, les habitants firent demeurer les esleucts affin que le peuple de la ville ne sortit point dehors la ville et pour cause qu ils se dobtoient que les gens d armes vinssent en ceste ville ainsi qu on disoit que la volloit asalir (assaillir) de nuyt ne (et non) de jour". Il devait s'agir d'une armée conséquente pour que son cantonnement soit réparti sur un aussi grand nombre de localités.

Tant que dura l'alerte, les dispositions suivantes furent prises par les élus Georges Guybeart (ou Guybert) dit Souton et Antoine Vialleneuve, assistés des Commissaires  (Commissaires aux réparations) Antoine Annet Courton Bochier et Jacques Bosse Chaptard, du Sergent de ville Pierre Montoloix (on appréciera ce nom évocateur pour un Sergent), et du Clerc Loys Phelupt.

Comme nous allons le voir, il passèrent ainsi plusieurs nuits sans dormir, à la belle étoile, visitant sans relâche les portes et les remparts pour veiller à la bonne exécutions de leurs instructions:

"Le dict jour mesme les dicts esleucts ensemble les deux commissaires devers le soir de bonne heure commanderent le guayt (le guet) par les quatre portes de la ville et murailhes six hommes a chesque porte toute la nuyt parce qu il avoit este dit par les habitans que l on fict gros guayt par ce qu il estoit bruit que les gendarmes devoient venir en ceste ville de nuyt ne (et non) de jour. Ampres qu ils heurent commande le guayt et suyvy les portes pour voir et scavoir si le guayt estoit venu et arive a chesque porte ils s en allarent sopper ensemble".

Après cette collation  réparatrice, qui ne leur coûta que deux sous et neuf deniers, ces honorables personnages "demeurarent toute la nuyt ampres (auprès) du guayt et le visitarent de porte en porte toute la nuyt. Ils bailharent et donnarent deux pots de vin (environ 30 litres!) au guayt pour leur donner à boyre ainsi qu il avoit este dit et ordonne par les habitants"! De nos jours, cette sympathique distribution de vin aurait été assurément remplacée par une pause café, plus propice à tenir nos guetteurs bien éveillés!...

Le lendemain dimanche, après avoir "vacqué tous quatre ampres le guayt toute la nuyt sans boire ne manger", "ils visitarent les gardes des portes devers le matin" et allèrent dîner.

L'après midi du même jour, les deux Élus et l'un des Commissaires, Antoine Annet Courton, "s'en allarent a Clermont pour achapter de la poudre de canon et de(s) pierre(s) de plum (plomb) pour les acabiutes (acquebutes) qui sont en ceste ville par le commandement et ordonnance des habitants". Comme on le voit, les Élus craignaient que leur ville eut à subir un siège en règle. Ils s'en furent donc courageusement à Clermont pour s'approvisionner en munitions supplémentaires. Là, ils achetèrent deux livre et demi de poudre et cinquante deux balles, pour la somme d'une livre tournois. Les balles devaient être de gros calibre, et pouvaient même fort bien se présenter comme de petits boulets, pour armer les "acabiutes".

Je pensais que ces armes à feu étaient probablement très lourdes et difficilement transportable, comme le sont les couleuvrines et qu'elles devaient être installées à poste fixe derrière les "canardières" des tours de l'enceintes. Toutefois, on peut en lire une description dans l'ouvrage illustré "Costumes militaires français de 1439 à 1789", tome 1, par MM de Noirmont et de Marbot, Paris, Clément Éd. 3 rue des Saints-Pères, planche 15, Infanterie, 1507: "Quelques soldats portaient des bâtons à feu ou hacquebutes courtes et de petit calibre. Cette arme n'était que des coulevrines à main perfectionnées. Elle était pourvue d'un serpentin qui, mis en mouvement par un ressort, approchait de l'amorce la mèche allumée. C'était alors une invention récente. Le nom d'acquebute qu'on trouve employé dans quelques historiens de la fin du XVe siècle, et qui remplace définitivement, à l'époque dont nous parlons, celui de coulevrine, dérive de l'allemand haken-büchse (arquebuse à croc)..." (voir lithographie ci après).

Les Élus rapportèrent ces munitions le soir même à Beaumont où, "amprès vespres, Jacques Bosse, Commissaire, ensemble Loys Phelupt, clerc de la dicte ville, commandit le guayt pour toute la nuyt es portes de la ville le nombre de XIII hommes. Amprès que les esleucts et Corton commissere furent venus de clermont qu estoit bien tard, il suivyrent le guait par les portes de la ville (pour) voir si le guayt et personnes commis y estoient tous et se trouvarent tous a chesque porte (puis) ils s en allarent sopper tous cinq (...) Ampres qu ils heurent soppe, ils suivyre les portes pour voir le guayt s il dormoit et si y estoient trestous toute la nuyt de porte en porte ils donnarent a boyre le nombre et quantite de dix huit quartes de vin"!...(environ 32 litres). 

Ainsi, comme on l'aura compris, grâce à leur compte rendu fort précis, les Élus vérifièrent ce soir-là consciencieusement que l'effectif du guet, réparti aux quatre portes de la ville, était bien au complet, et que nul ne s'était assoupi. À chaque corps de garde, composé de six hommes, on distribua encore une ration de vin et des chandelles. On peut aisément imaginer ce que dut être pour nos ancêtres beaumontois ces longues nuits d'été, passées à veiller dans la crainte d'une attaque soudaine; on devine aussi l'atmosphère qui devait régner dans ces corps de garde, éclairés à la chandelle, où les hommes, un peu échauffés par le vin et le jeu, se tenaient malgré tout prêts à se saisir de leurs armes à la moindre alerte...

Par bonheur, il ne se passa rien pendant la nuit. Toutefois, le lendemain dimanche 21 juillet, toujours prudents, les "esleucts et commisseres firent rester dans la ville les habitans que n en sortit personne dehors la ville pour la cause des gens d'armes qui desloagarent (délogèrent) le matin de leur lougis (logis) pour ce que tout avoit crainte qu ils vinssent en ceste ville donner une bruslée à la ville (l'incendier) et n y viendrent point graces a dieu".

Beaumont évita donc de justesse de devoir héberger un contingent de soudards, contrairement à certains villages voisins moins chanceux, ou moins bien fortifiés, où la soldatesque s'était installée pour un temps. Les beaumontois pouvaient donc craindre que ceux-ci, vexés de n'avoir  point été reçus, ne revinssent nuitamment en force, pour assaillir et occuper la ville. La veille, "environ mydy du dict jour", ils avaient tout de même cherché à se les concilier en "donnant à manger et a boire a deux gens d'armes a la porte Royal"! Il est probable que le passage de ces troupes ne se faisait pas sans dommages pour les cultures et les vergers environnants, sans parler des troupeaux laissés dans les prés...

 

 

 

 

La porte du Terrail.

 

 

 

 

La porte Basse.

 

 

Deux des quatre portes de la ville reconstituées (dessin Jacques Pageix, 1980):

 

La porte du Terrail, au sud du bourg, dont les vestiges subsistent encore, restituée à partir d'une vieille photo (plaque en verre vers 1900), et la porte Basse, au nord-ouest du bourg (reconstitution).

La porte Basse, au nord-ouest, dont il ne reste aucun vestige (il s'agit donc d'une reconstitution très approximative).

L' autre porte de la vieille enceinte de forme oblongue, qui protégeant le bourg de "Belmont le Puy" (correspondant à la paroisse de Saint-Pierre), et s'appuyait sur l'enceinte quadrangulaire de l'abbaye Saint-Pierre (seule enceinte urbaine jusqu'à la fin du XVe siècle), était la porte Réale, au nord est, qui à l'évidence était la porte principale par laquelle on entrait dans le bourg en venant de Clermont (c'est à cette porte que les nouvelles abbesses se présentaient aux élus pour son installation et l'échange des serments).

Une nouvelle enceinte destinée à protéger les quartiers au sud du bourg, dits "de la Ribeyre" (correspondant à la paroisse de Notre-Dame de la Rivière) fut bâtie probablement à la fin du XVe siècle. Elle avait deux portes: la porte de l'Olme au sud, disparue depuis, et la porte du Chaufour à l'est, dont il ne subsiste que des vestiges (tour de flanquement); cette nouvelle enceinte s'appuyait sur le beffroi-clocher de l'église Notre-Dame de la Rivière qui servait de tour de guet. Avant la construction de cette deuxième enceinte, lorsqu'un danger était signalé, les guetteurs postés au sommet du beffroi sonnaient le tocsin et les habitants de ces quartiers montaient alors vers l'abbaye pour se réfugier dans sa basse-cour (voir "Histoire d'un bourg viticole, Beaumont-lès-Clermont, origines-XIXe siècle). 

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1-2-On s'accorde à dire que le XVIe siècle fut avant tout celui de la Renaissance. Il fut aussi celui des guerres d'Italie: commencées sous le règne de Louis XII, elles se poursuivirent  sous celui de François 1er et ne cessèrent qu'en 1559, à la fin du règne d'Henri II. Suivirent les guerres de religion, commencées en 1562 et terminées avec Henri IV et son Édit de Nantes promulgué en 1598.

Si les troubles liés aux guerres religieuses furent souvent directement supportées par les populations (qui en furent même parfois les acteurs), les guerres d'Italie, menées par le roi sur des théâtres lointains, n'en furent pas moins ressenties douloureusement par nos ancêtres qui durent -comme on le verra- contribuer à l'effort de guerre sous des formes diverses.

Ainsi, le financement des guerres d'Italie augmenta le poids des impôts royaux, entraînant le recouvrement de "crues" ou suppléments de la taille. Après le succès bien connu de Marignan en 1515 vint la défaite de Pavie en 1525, la capture du roi François 1er par Charles-Quint, son emprisonnement à Madrid, puis sa libération en échange des enfants royaux qui, à l'initiative de Louise de Savoie, mère du roi et régente du royaume en son absence, ne purent être récupérés qu'au prix d'une lourde rançon. Tout ceci et la guerre qui continua sous son règne entraînèrent des dépenses extrêmes que durent supporter les contribuables.

Ajoutons que le passage des gens de guerre souvent sans scrupule, et qu'il fallait héberger, maintint pour longtemps un climat d'insécurité dans les campagnes et nos ancêtres durent rester vigilants, de jour comme de nuit, derrière l'enceinte de leur petite localité fortifiée, que leurs "commissaires aux réparations" devaient entretenir en bon état défensif...

 

Enfin, à plusieurs reprises, les habitants furent requis d'équiper de pied en cap un soldat, comme ce fut le cas le samedi 15 juillet 1542:

 

Les élus "fermarent les portes (de la ville) et firent assemblée générale". Il "fust advisé par la dicte assemblée qu'ils allassent à Clermont chercher un pyonier". Notons au passage qu'il s'agissait assurément d'un pionnier, tels que le définissent les ouvrages spécialisés, c'est à dire d'un soldat chargé d'aplanir le terrain pour le passage de l'artillerie, et de procéder aux terrassements et aux creusement des ouvrages militaires nécessaires à l'attaque ou à la défense des places fortes (c'est ce qu'on appelera plus tard des sapeurs). Des bataillons de pionniers furent constitués à cet effet dès le règne de François 1er (*).

 

Nos élus se rendirent donc à Clermont pour recruter un candidat et ne tardèrent pas à en louer un, non sans avoir bu et soupé comme il se doit. Le lundi, on s'occupa de son habillement. Ce fut là encore l'occasion d'un repas (**) à Clermont où l'on acheta le drap nécessaire pour faire confectionner l'uniforme par un maître tailleur.

 

Le mardi, ils retournèrent à Clermont avec leur pionnier pour quérir son habit et acheter son équipement: une "barghe" (casque?), des "chosses" (chausses), une "peyre de solliers", "ung bonnet et plume", "ung parpoing de toille", "la sainture de l'espée", la "tranche de fer" (bêche?) et, pour décorer le tout, une"douzaine d'aiguilhetes". On en profita bien sûr pour "gaulter et soupper".

 

Le mercredi, on lui fit endosser son bel uniforme pour l'accompagner à la "monstre", c'est-à-dire à la revue militaire, puis l'on prit deux repas, non sans avoir complété son équipement par "ung coullier", une chemise, et une épée.

 

Le jeudi, enfin, les élus jugeant sans doute que leur recrue était tout à fait présentable, l'accompagnèrent à Clermont où Messieurs les Élus du Roi ordonnèrent son départ pour Lyon. On se sépara donc. Notre jeune recrue reçut son premier "salleyre de pyonier" et, en guise de viatique, une "quarte de vin (environ 30 litres!) et des poyres". Sa besace ainsi remplie, notre pionnier s'en fut vers son destin...

 

(*): Voir l'Histoire de l'Armée Française, par le Général Weygand, Flammarion, 1938 et l'illustration en annexe tirée de son livre.

 

(**): On ne saurait leur reprocher d'avoir pris ainsi un peu de bon temps, comme nous dirions aujourd'hui, car leur tâche -même s'ils n'étaient élus que pour un an- était somme-toute très ingrate; non seulement ils devaient collecter les impôts auprès de leurs concitoyens (taille royale, crues, taille de la Toussaint de madame l'abbesse, revenus de la charité, et diverses collectes pour se rembourser des dépenses qu'ils engageaient dans l'exercice de leurs fonctions), mais ils étaient également cautions solidaires devant les Élus du Roi si d'aventure ils ne parvenaient pas à obtenir dans les délais prévus les impôts exigés. Dans ce cas, ils devaient s'acquitter des sommes sur leurs propres deniers. Mais avant d'en arriver à cette extrêmité on les voit -ce qui n'étaient pas rares- aller "pleurer" un délais supplémentaire à Clermont auprès des Élus Savaron, Nesson, Terrolles et autres auxquel ils fallait "graisser la patte" par de menus cadeaux: "chappons, canards, oyes saulvaiges", et même des "formes" (fourmes). Je dois à la vérité de dire que certains, comme Savaron, refusaient toute gratification!

Parfois, ils étaient contraints d'emprunter: ce fut le cas le mercredi 3 juillet 1527, où ils durent aller frapper "en sept ou huit maisons et marchants de Clermont pour voir si quetand leur presteroit dix livres tournois pour faire le dict payement et ne touvarent personne qui leur voulsit prester..."

 

1-Nos parents et le service militaire (1ère partie:Moyen Âge, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles).

Planche 15, infanterie, 1507, LOUIS XII, Hacquebutier. Coll. pers.

 

 

 

 

 

1-Nos parents et le service militaire (1ère partie:Moyen Âge, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles).

Les pionniers au XVIe siècle. Illustration tirée de l'ouvrage du général Weygand.

 

 

 

 

 

1-Nos parents et le service militaire (1ère partie:Moyen Âge, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles).

Le costume de notre pionnier équipé par les beaumontois devait ressembler à celui de l'homme assis, dans ce train d'artillerie du XVIème siècle. Gravure exposée aux archives de la Défense à Vincennes.

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Les bandes armées vivaient au détriment des populations; c'est ainsi que Beaumont dut supporter les garnisons, c'est à dire l'occupation de leur ville par la soldatesque dont les habitants devaient assurer les frais de séjour... 

Ces garnisons furent imposées à plusieurs reprises aux beaumontois, soit lorsqu'ils se virent dans l'incapacité de régler à temps le montant de la taille ou des crues, soit dans le cadre d'une mesure générale décrétée par le Gouverneur de l'Auvergne. Le compte consulaire de 1536 fait état des "Garnysons establyes au Bas Pays d'Auvergne par le Roy nostre sire, de la bande (troupe) de feu Monseigneur le Duc d'Albanye (*) de laquelle fust bailhé au dict Beaumont ung homme d'armes et deux archiers". Les élus allèrent à Clermont pour tenter d'en être exemptés: ce fut peine perdue... 

Les deux archers, qui s'appelaient De Galhion et Armanhac, vinrent le lundi 26 juin 1536 à Beaumont avec deux pages et cinq chevaux. Au bout d'une semaine, logés chez Gaspard Auberoche, hoste, leur dépense en "chandelle, huyle, burre (beurre), verghus, etc" commençèrent à inquiéter les élus, ainsi que celle de leurs chevaux qui avaient consommé "5 quintaux de foin et 60 mesures d'avoine. La saison était froide et pour se chauffer, nos archers brûlèrent deux cordes de bois. Ils ne vidèrent les lieux que le 16 juillet! 

(extraits de "Beaumont au XVIe siècle", Jacques Pageix, 1992).

 

 

Portrait par Jean Clouet de Jean Stuart, duc d'Albany (1482-1536),  fils de Jacques II d'Écosse.

 

(*): Le Duc d'Albany: Jean Suart, Gouverneur de l'Auvergne, du Bourbonnais et du Forez.

Ce nom d'Albany, ainsi associé à celui des Stuart, contrairement à ce que j'avais cru autrefois, ne vient pas d' une ancienne forme du nom de la ville et terre solognote d'Aubigny, qui fut donnée en 1423 par Charles VII à Jean Stuart de Darnley, en récompense des services rendus au cours de la Guerre de Cent Ans par ce prestigieux chef de l'Armée écossaise.

Albany est un nom donné au royaume d'Alba, qui s'étendait primitivement sur toute l'Écosse puis à un duché formé dans sa partie septentrionale; le deuxième fils des rois d'Écosse portait ce titre. 

 

Cavaliers en harnois complet au XVe siècle (Metropolitan Musem of Art New-York - salle des armures - photo Jacques Pageix 2016). Les gendarmes qui parcouraient l'Auvergne étaient certainement moins "rutilants" . Ceux-ci appartiennent probablement aux fameuses "compagnies d'ordonnance" créées (par ordonnance royale d'où leur nom) en 1445 par Charles VII.

 

Enfin, en 1576, en pleines guerres religieuses, les beaumontois, qui savaient décidément bien manier l'épée (*), furent requis par le gouverneur de l'Auvergne, Monsieur de Saint-Hérem, alerté par les échevins de Clermont, pour se porter sans tarder au secours de la ville de Saint-Amans-la-Chaire (ainsi appelait-on la ville de Saint-Amant-Tallende), assiégée par le redoutable Capitaine Merle (voir le dessin de Guillaume Revel ci-dessous).

On organisa une sortie avec cent arquebusiers, "les forces de la ville de Montferrand, et autres habitans d'Aubière, Beaulmont et Le Crest qui devront s'acheminer a diligence vers la dicte ville pour la reprendre ou pour le moins obvier que les ennemis ne se renforcent dans icelle!"(Arch. Dép. du P. de D., 3E/113DEP, Fds1 (1576). Délibération du 20 janvier 1576).

1-Nos parents et le service militaire (1ère partie:Moyen Âge, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles).

Saint-Amant au XVe siècle. Dessin de Guillaume Revel.

 

Merle poussa ensuite jusqu'aux portes de Clermont puis s'empara finalement de Pontgibaud. Durant cette sombre période, l'abbesse de Beaumont dût se réfugier avec ses filles à Clermont.

(extraits de "Beaumont au XVIe siècle", Jacques Pageix, 1992). 

   

(*): Ils n'hésitèrent pas à dégainer et à se battre à l'épée, lors de rixes qui les opposèrent souvent entre villages, et qui me font penser aux guerres picrocolines contées à la même époque par Rabelais, telle cette bataille qui opposa les habitants de Beaumont à ceux de Boisséjour en 1547. Les deux paroisses se disputaient à propos de l'emplacement sur lequel on devait faire brûler les broussailles et la paille. La troupe beaumontoise, une cinquantaine d'individus, "en forme hostile et armés et embastonnés d'épées, javelines, forchats et austres bastons, marchant phifre et tabourin en tête", fondit sur les habitants de boisséjour et les frappèrent, blessant Benoît Bohatier et la femme d'Anthoine Condy-Cynel (Condy évolua plus tard en Cohendy). Un nommé Gérauld Condy se vengea en se saisissant de la javeline d'Annet Grand et sur "la chaude colle" (colère), frappa Gilbert Bertrand qui "cheut à terre et alla de vie à trespas" . Géraud Condy dût s'absenter le temps d'obtenir une lettre de rémission du Roi Henri II...

Au Moyen Âge, le port de l'épée était manifestement courant à Beaumont, les habitants étant armés pour répondre aux exigences du service militaire du guet: en effet, ils devaient assurer des tours de garde aux portes et aux remparts, conformément à la transaction passée avec l'abbesse en 1372 au sujet des fortifications. 

D'autre part, les registres de justice font état de sanctions infigées à des particuliers qui ont blessé, voire tué l'un de leurs semblables d' un coup d'épée:

-En mars 1371, Pierre mitro, fut condamné pour meurtre à l'exil.

-En janvier 1372, Jehan Benayas dut payer 7 sous d'amende pour avoir porté un coup d'épée (gladium) dans le ventre de l'un de ses concitoyens!

-Dans la nuit d'un dimanche de 1374, à une heure du matin, alors qu'il était de garde, Durand Belome vit cinq personnes errer dans la ville, en armes; la femme de Jehan Verninas vint lui dire que Jehan Delhussa, Bonnet Medici, et Jehan Bertrand parcouraient la ville en armes pour tuer son mari! Ne le trouvant pas, il se rabattirent sur une ânesse qu'ils massacrèrent à coup d'épée et prétendirent qu'elle avait été dévorée par des loups! 

(voir "Beaumont, histoire urbaine" , par Jacques Pageix, 1979).

 

En cette fin de XVIe siècle, Beaumont avait cru bon de soutenir le parti de la Ligue; les échevins de Clermont décidèrent, au cours de leur assemblée du 9 décembre 1592, de faire démanteler la ville de Beaumont, dont les habitants "ont tousiours adcisté et favorisé l'ennemy (les ligueurs), faict feu de joye du massacre inhumain commis a la personne du deffunct Roy" (Henri III, assassiné le 31 juillet 1589 par le moine Jacques Clément). Le Comte fut "prié et requis de faire démanteler non seullement le dict lieu de Beaumont, mais aussi le lieu d'Aubière et tous les autres bourgs et villes estans a deux lieux autour de la presente ville qui ont tenu le party de l'ennemy, sans toutefoys permectre aucun pillage..."

(Arch. Dép. du P. de D., 3E/113DEP, Fds1 (1592). Délibération du 9 décembre 1592).

Je cite cet autre épisode de l'histoire de Beaumont, car j'ai eu récemment connaissance par mon cousin érudit d'Aubière, Pierre Bourcheix, d'un testament rédigé le 10 mars 1593 par le notaire d'Aubière, Maître Aubeny, à la requête de Saturnin Cohendy Daujau, "blessé d'ung coup d'arquebusade qu'il a receu ce jourdhuy dans la cuisse, par ceulx tenant le party de la ligue" (Réf.: Testament de Saturnin Cohendy Daujou du 10 mars 1593 (Me Guillaume Aubeny Archives Dép. du Puy-de-Dôme – 5 E 44 8). Parmi les témoins se trouvait le chirurgien qui l'opéra probablement: Estienne Ludesse, Maître chirurgien de Clermont. Le nom de Cohendy était celui de mon arrière-arrière grand mère Anne, épouse de Pierre Pageix. Un cousin Cohendy fut Maire de Royat  à la fin du XIXe siècle. Citons aussi Michel Cohendy, Archiviste du Puy-de-Dôme, auteur d'une histoire de l'Administration civile en Auvergne (1856). 

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Bibliographie pour ce chapitre:

 

Marcel JUILLARD (mon grand père évoqué dans le chapitre suivant):

1- "Chronique de la guerre de Cent ans", in revue de la Haute-Auvergne (T. 36, 1959, et 37, 1960). Cette publication, citée par Manry dans son histoire de l'Auvergne, fut malheureusement interrompue par son décès survenu en 1961.

2- "Gens d'armes d'Auvergne et du Velay à la fin de la guerre de cent ans et à l'époque de la renaissance", in l'Auvergne Littéraire, 1960.

3- "Gentilhommes d'Auvergne et du Velay au Moyen Âge et à l'époque de la Renaissance", Imp. de Bussac, Clermont-Fd.

4- "La vie populaire à la fin du Moyen Âge en Auvergne Velay et Bourbonnais d'après la chronique criminelle (XVe siècle)" in Revue d'Auvergne, N° 156, 1952.

 

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1-3-A partir du XVIIe siècle, on instaura la milice, créé en 1688 par Louvois, Ministre de Louis XIV; elle coïncidait avec le début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. En effet, (d'après Weygand), à la révocation de l'Edit de Nantes en 1685, qui entraîna l'émigration (*) de 25000  soldats et de 600 officiers, s'ajoutèrent des désertions en nombre considérable, rendant urgent un renouvellement des effectifs de l'Armée. Notons toutefois que la milice était en principe destinée à des tâches secondaires (défense de fortifications, etc.), contrairement aux troupes régulières (recrutée par des engagements volontaires) qui montaient en ligne. 

(*): Émigration ô combien regrettable selon moi: 250 ans plus tard, on retrouvera dans les rangs des unités allemandes des noms bien français, descendants de ces émigrés qui furent contraints de fuir la France après la révocation de l'Edit de Nantes: notamment les fameux pilotes Udet, Galland, Rudel, Marseille et bien d'autres...

 

Le recrutement n'allait pas sans soulever des difficultés, que les Intendants avaient du mal à maîtriser. Ainsi, en 1704, l'Intendant d'Auvergne (Claude Le Blanc, en fonction de 1704 à 1708), se plaignait des désertions et constatait "qu'il y a des fripons qui, après avoir pris de l'argent dans quatre ou cinq paroisses, désertent et vont en faire autant dans les provinces voisines"! D'autres se fondent dans des bandes de faux-sauniers.

Ces hommes sans scrupules s'offraient en qualité de remplaçant auprès d'une paroisse qui devait fournir un milicien, puis disparaissaient une fois rétribués, pour reparaître dans une paroisse éloignée et y commettre les mêmes forfaits.  

Pourtant, comme le reconnaît l'Intendant, très magnanime, "on ne pourra punir tous ceux qui désertent car il n'existe pas de Conseil de guerre pour les juger"...En marge, le destinataire de la lettre écrivait: "Il ne faut pas de Conseil de guerre pour cela, l'ordonnance permet de les envoyer aux galères sans autre forme de procès". (Extrait de "La milice d'Auvergne, 1688-1791", par Pierre Laporte, Ed. G.de Bussac, Clermont-FD, 1956et "L'histoire vue de l'Auvergne" par Manry, Sève et Chaulange, Ed. G. de Bussac, Clermont, 1959). 

 

Les Milices Provinciales ainsi créées constituèrent une forme de recrutement obligatoire, en vigueur jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

Le règlement royal du 29 novembre 1688, suivi de l'ordonnance du 15 décembre 1688 fixait le rôle des Intendants de province (*), chargés d'établir par élection et au sein de chaque paroisse le montant des impositions et le nombre d'hommes à fournir, levés parmi les hommes célibataires ou mariés sans enfants, âgés de 18 à 40 ans, et soumis à un tirage au sort que les paroisses devaient organiser. La durée du service était variable selon la période de paix ou de guerre: de 2 à 3 ans à la fin du XVIIe siècle et de 4 à 6 au cours du XVIIIe siècle. Notons tout de même que ces prélèvements en hommes ne s'appliquaient pas à toutes les localités (les plus pauvres en étaient dispensées) et ne concernaient somme-toute qu'un nombre restreint d'individus (le nombre était fonction de l'importance de la collecte). Enfin, les villes avaient la faculté de rechercher un ou plusieurs volontaires qui venait ainsi se substituer au recrutement local. (voir "Mémoire sur l'état de la Généralité de Riom en 1697 par l'Intendant Lefèvre d'Ormesson", publié par Abel Poitrineau, Fasc. VII de l'Institut d'Etude du Massif Central, p.159).

(*): En Auvergne, l'Intendant était alors Jean-Baptiste Desmarets de Veaubourg, en fonction de 1687 à 1692.

 

Ainsi, en 1699, à Beaumont, sous l'autorité de l'Intendant d'Auvergne (Antoine François Lefebvre d'Ormesson, en fonction de 1695 à 1703) on procéda à l'équipement d'un milicien (voir gravures in fine):

 

Un mémoire, dressé en 1699 par Goughon (*), au nom des quatre consuls de la ville, consigne les dépenses engagées pour habiller un soldat, ces dépenses se substituant pour les habitants à l'enrôlement de l'un des leurs. Les obligations des habitants à l'égard de la milice, évoquées dans ce document, ne sont pas sans rappeler celles de notre pionnier du XVIe siècle.

(*): Le notaire royal du lieu, qui était alors l'un des quatre consuls de la municipalité beaumontoise

J'ai déniché cet acte aux archives du Puy-de-Dôme, à la cote 63, 3E 32 DEP/1, ce qui est original, puisque l'ensemble des sources concernant la milice se trouve dans le Fonds de l'Intendance, Séries C):

 

"État et mémoire de ce que les Consuls du lieu de beaumont l'année présente MVIc huitante neuf, ont débourcé et fourny pour le soldas de la Milice premierement 

 

"Chappitre de payement,

 

"Premierement les d(its) Consuls ont baillié et payé la somme de trante huit livres pour l abis du d(it) soldas suivant la quittance signée de savignat et girard du vingtiesme mars 1689 cy......... xxxviii Lt

 

"Plus lesd Consuls ont baillié et payé la somme de dix sept livres pour l'achept de son fuzil qu ils ont achepté pour led(it) soldas suivant la quittance de Martin armurier par devant Ducret No(toi)re Royal du vingt uniesme Mars MVIc huitante Neuf cy.......xvii Lt

 

"(Et) payé aud(it) soldas la somme de six livres dix huit sols pour deux mois neuf jours a Raison de deux Sols par jours le tout suivant l ordre du Roy et ordon(nance) de Montseigneur l Intendant cy....vi Lt xviii S

 

"Plus Ils ont aussy baillé et payé la somme de quarante deux Sols pour achept son paire de soulier qu ils ont donné au soldas pour aller faire les Reveues (revues de détail) cy.......x L ii S 

 

"Plus Ils ont baillie et payé a Josat la somme de Cinq livres pour la valleur d une Espée avecq Son Sainteron que lesd(its) Consuls avoint enpruntée pour donner aud(it) Soldas pour faire les Reveues laquelle Il perdit(!), suivant la quittance dud(it) Josat du Vingiesme may 1689 cy.......v Lt

 

"Plus lesd(its) Consuls ont aussy baillié et payé aud(it) soldas la somme de quarante livres lors de son départ que les habitans du lieu lui avoinct promis lors de son Engagement par l acte de desliberatoire de sa nomination du 3e Jour de fev(rier) 1689 et Suivant la quittance dud(it) Soldas du douze apvril 1689 cy..........xL Lt

 

"Chapitre de despance

 

"Premierement Lesd(its) consuls ont fourny et depance trois livres tant pour l acte de nomina(ti)on papier timbre payement de le (sic) scribbe que depance faicte aveq led(it) soldas et autres la somme de trois livres cy..........iii Lt

 

"Plus lesd(its) consuls ont fourny & depance la somme de quarante Sols qu ils ont depance aveq led(it) Soldas au lieu de St-bauzire le jour de la première Reveue ou pour la Couchée cy..........xL S

 

"Plus la somme de vingt Sols qu ils firent et depance aveq led(it) soldas en la ville de montferrand lors de la seconde Reveue lequel le s(ieu)r bourdaix Capitaine donna Congé aud(it) Soldas cy ....................xx S

 

"Plus lesd(its) Consuls ont baillié et payé a Mr le Recpveur des tailles la somme de Unze livres pour la surpaye des officiers de lad(ite) milice Suivant la quittance du S(ieu)r lascas cy ........xi Lt

(note en marge d'une autre main: "officiers ce n'est pas dans le calcul").

 

"Plus lesd(its) ont depance la somme de douze livres en depance pour la nourriture dud(it) Soldas cy ........xii Lt

 

"Faict et Certiffie le presant memoire estant veritable le premier Juin M VIc huitante (neuf).

"Goughon Consuls dud(it) lieu"

 (Le total des dépenses s'élevait à 127 Livres Tournois).

Notons que ce milicien occupa notre consul de février à mai 1699, pour son équipement et son entretien, et pour les participations aux revues (au XVIe siècle, on disait la "monstre", du verbe monstrer). Encore fallut-il à nouveau lui acheter l'épée et le ceinturon qu'il avait perdus!

 

--o-- 

1-Nos parents et le service militaire (1ère partie:Moyen Âge, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles).

Enrôlement des paysans pour la milice à Authon (Election de Dourdan), 22 décembre 1705). Le tirage au sort. Au centre, un officier debout tient élevé un chapeau dans lequel un jeune homme tire son billet. (Illustration tirée de l'ouvrage cité-source: Bibliothèque Nationale, Estampes, Qb55).

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1-4-Naturellement, la Révolution supprima la milice (le 4 mars 1791, par un décret de la Constituante). Bien qu'elle fut devenue une institution en sommeil, n'étant plus convoquée depuis 1778, et les miliciens en exercice n'étant plus eux-mêmes passés en revue, son impopularité n'en apparaît pas moins dans certains cahiers de doléance de 1789. Ceux-ci demeurent toutefois mitigés: les uns stigmatisent ces ponctions d'hommes au sein des familles laborieuses des campagnes, car la milice, comme le souligne un cahier, est la "rouille de la charrue, fléau du laboureur"; les autres demandent un aménagement plus égalitaire.

Ces ponctions restaient au demeurant très modestes au regard de la conscription obligatoire qui ne tardera pas à suivre avec la Loi Jourdan en 1798...

VOIR SUITE 2 >> 

 

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Published by jacquespageix - dans histoires et biographie
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